Après un bilan de 5,9 millions de passagers en 2025, comme espéré, l’aéroport de Bordeaux continue de ferrailler pour pallier la réduction de son trafic. En cause, l’arrêt en 2021 de la navette Paris-Orly qui comptait 600 000 passagers annuels et le départ de Ryanair à l’automne 2024 avec ses 1,7 million de passagers et 25 % de parts de marché, ont fragilisé le modèle de l’aéroport qui tente de se reconstruire.
Pour rebondir, l’aéroport mise sur une diversification des compagnies. 2026 sera ainsi marquée par l’arrivée de la compagnie scandinave SAS avec l’ouverture d’une nouvelle ligne pour Copenhague. L’an dernier, déjà, l’aéroport a ouvert ses portes à la compagnie hongroise Wizz Air. En 2025, elle totalise ainsi 26 compagnies aériennes alors qu’il n’y en avait que 21 en 2020.
Ces nouvelles recrues ne sont pas la seule stratégie de l’aéroport, qui mise sur la croissance marquée de trois compagnies, lesquelles augmentent leurs capacités : +20 % pour Volotea, de +30 % pour Lufthansa et de +20 % pour Royal Air Maroc.
« Nous avons une volonté de rebattre les cartes et de diversifier notre offre », affirme Simon Dreschel, président du directoire de Bordeaux Aéroport. En 2025, l’offre de sièges de Volotea a déjà augmenté de 50 % et la compagnie Transavia s’est étendue avec un avion basé au sein de l’aéroport.
Bordeaux-Mérignac cherche par ailleurs à réduire sa dépendance aux compagnies low cost puisqu’il a réduit de 4 % l’offre de ces dernières, qui représente aujourd’hui autour de 65 % des vols.
Ce renouvellement de l’offre commerciale témoigne d’une belle capacité de rebond dans un contexte difficile puisque 80 % des lignes ont été reprises 18 mois après le départ de Ryanair. En tout, 25 lignes qui étaient assurées par la compagnie sont reprises et sur les 22 destinations exclusives, 15 lignes clés sont sauvegardées. Bordeaux prévoit pour 2026 l’ouverture de six nouvelles lignes avec six annualisations de lignes déjà existantes.
Au total, l’aéroport prévoit d’accueillir 6,2 millions de passagers en 2026. Le trafic 2025 reste inférieur de 23 % au record de 7,7 millions de passagers de 2019 avant l’épidémie de Covid. « Un retour au trafic d’avant 2019 n’est envisageable qu’à l’horizon 2030 », estime Simon Dreschel.
L’objectif affiché est désormais de viser la qualité de service plutôt qu’une hausse du trafic à tout prix. La plateforme a annoncé 65 millions d’euros d’investissement pour 2026. L’année 2025 a déjà été marquée par un investissement massif de 26 millions d’euros, contre une moyenne annuelle de 9 millions d’euros jusque-là.
Le chantier colossal vise à améliorer la qualité de service et la performance énergétique de la plateforme girondine avec la création d’un nouveau bâtiment entre les halls A et B et de centrales photovoltaïques sur les parkings 2 et 4 de l’aéroport. Ce programme de modernisation de plus de 140 millions d’euros commencera au milieu de l’année pour une livraison prévue fin 2028.