Alors qu’une poignée de soutien à la directrice de l’OPH s’est rassemblée sur le trottoir face à la salle du conseil d’administration, ce vendredi 6 février, dès 13 h, les membres dirigeants ont entendu toutes les parties en présence avant de voter l’avenir de Magali Bordja à la tête de cette institution sociale. Les membres du conseil ont décidé de la licencier.
13 h, ce vendredi 6 février avenue de La Liberté, à Béziers, quatre, puis dix, pour atteindre, au bout d’un long moment, une vingtaine de personnes en comptant Gérard Abella, le maire de Boujan et compagnon de Magali Bordja, la directrice de l’OPH, étaient rassemblées devant le local du CA de l’OPH. Tous, salariés comme locataires, selon un observateur, avaient fait le déplacement pour mettre la pression sur les membres de l’OPH qui devaient décider de l’avenir de celle qui a été suspendue pour quatre mois, avec maintien du salaire, à la suite de signalements de management toxique et de harcèlement. Cette manifestation de soutien n’aura pas porté ses fruits. Magali Bordja a été licenciée de son poste de directrice de l’OPH. Le conseil a voté son licenciement à la majorité qualifiée des deux tiers des votants. Selon les informations recueillies par Midi Libre, lors de ce vote à bulletin secret, seize personnes se sont prononcées pour son éviction, cinq ont voté contre et une s’est abstenue. « Il était préférable que ce vote se tienne à bulletin secret pour que personne ne subisse de pression. Personne ne saura qui a voté le licenciement. C’est bien mieux qu’un vote à main levée comme au mois d’octobre. »
Une séance tendue
Face à ce rassemblement, les membres du conseil d’administration de l’OPH Béziers Méditerranée (maires, membres associés, représentants d’institutions), se sont réunis dans la salle du conseil. Magali Bordja et deux avocats sont eux aussi de la réunion. Les membres du CA leur offrent la possibilité de livrer leur version. Elle va à l’encontre de tous les éléments recueillis par les enquêteurs de Thali qui ont fait un rapport sans concessions, contre les agissements de la directrice de l’OPH. « Dès le début de la réunion, l’ambiance a été tendue, a confirmé à Midi Libre, un membre du CA. Il ne fallait pas être grand clerc pour se rendre compte que deux camps s’opposaient et, qu’au bout du bout, on a assisté à une première très forte opposition au président Ménard. » Vers 15 h 30, le début du vote a été annoncé. Moins de dix minutes plus tard, la nouvelle tombait. « Je ne peux pas y croire, a assuré ce salarié. Vous n’imaginez même ce que je peux ressentir. » Un autre employé avait du mal à parler. La voix nouée par les sanglots. « J’ai eu tellement peur qu’elle revienne. Nous sommes nombreux à penser la même chose et nous aurions été contraints de quitter cet établissement parce qu’elle nous en aurait fait baver. C’est certain. »
« Les rapports étaient particulièrement alarmants »
Robert Ménard, le président de l’OPH s’est dit, lui aussi, soulagé par la fin de cette période difficile pour l’OPH. « Il me semblait impossible, impensable, que le conseil d’administration de l’OPH ne prenne pas en compte les rapports particulièrement alarmants sur le traitement réservé à de trop nombreux agents de l’office. Les avocats ont plaidé, puis Magali Bordja. Ensuite, il y a eu un réquisitoire et nous avons voté. Je ne voyais pas comment les administrateurs pouvaient faire autrement. Ils devaient prendre leurs responsabilités. Ils l’ont fait en votant à bulletin secret comme cela avait été demandé. Maintenant, une page se tourne et nous ne devons avoir qu’une chose en tête : le bien-être de nos locataires et de nos salariés. »
Travailler en harmonie
Selon une information de Midi Libre, Dimitri Sopena, qui a été nommé directeur de l’OPH de Béziers par intérim, refuserait de prendre la succession de Magali Bordja. L’établissement se donnerait jusqu’au 14 avril pour trouver un remplaçant. Un membre proche de la direction a confirmé sous le sceau du secret : « Il faut une personne qui saura remettre de l’ordre dans ce magnifique établissement. Chaque salarié va devoir retrouver sa place et être rassuré. L’OPH doit repartir pour un nouvel épisode en pensant aux locataires qui sont la priorité. Ensuite aux salariés qui ne doivent plus être malmenés comme cela a été le cas. Il va falloir tous travailler dans le même sens et en harmonie. C’est un espoir, mais aussi une obligation pour le bien de tous. »
Toujours selon des informations recueillies par Midi Libre, de nouvelles plaintes contre Magali Bordja pourraient, dès ce lundi, être déposées auprès du parquet de Béziers. « Trop de personnes ont souffert durant ces dernières années. La justice doit trancher sur le plan pénal pour qu’elles soient reconnues comme des victimes. C’est primordial pour elles », a confié un avocat qui suit l’OPH et ses frasques depuis des années. Pour le reste, il y a peu de doute sur le fait que le licenciement de Magali Bordja sera contesté devant les Prud’hommes. Mais jusque-là, jamais ses avocats n’ont souhaité s’exprimer publiquement.