L’ambassadeur de Russie auprès de l’ONU à Genève a dit vendredi que son pays serait prêt à participer à d’éventuelles négociations multilatérales pour le contrôle des armements nucléaires si le Royaume-Uni et la France y étaient associés.

« La Russie, par principe, serait impliquée dans un tel processus si le Royaume-Uni et la France, alliés militaires des États-Unis au sein de l’OTAN, qui s’est déclarée alliance nucléaire, y participaient également », a déclaré Gennady Gatilov lors d’une réunion de la Conférence du Désarmement, tenue au siège de l’ONU à Genève au lendemain de l’expiration du traité New Start, ultime texte liant la Russie et les États-Unis dans le contrôle du nucléaire.

Signé en 2010 entre les deux pays, il limitait le nombre de lanceurs et d’ogives nucléaires stratégiques déployées. Il a expiré jeudi, le président américain Donald Trump n’ayant pas donné suite à la proposition de Moscou de le prolonger.

Des discussions incluant la Chine

Quelques minutes plus tôt, Washington a appelé à des négociations multilatérales pour le contrôle des armements nucléaires incluant la Chine. Ce jeudi, le Pentagone avait annoncé que Washington et Moscou allaient reprendre leur dialogue militaire à haut niveau, rompu depuis 2021.

Le Kremlin a par ailleurs indiqué ce vendredi que la Russie et les États-Unis étaient d’accord pour garder une approche « responsable » malgré l’expiration du dernier traité de désarmement nucléaire les liant et restent prêts à négocier sur le sujet.

« Il existe un consensus, dont il a été question (lors de pourparlers) à Abou Dhabi, selon lequel les deux parties adopteront des positions responsables et sont conscientes de la nécessité d’entamer rapidement des négociations sur ce sujet », a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Donald Trump a plaidé pour un « nouveau traité amélioré et modernisé » avec la Russie, estimant que New Start avait été « mal négocié » par l’administration de Barack Obama à l’époque.

Les États-Unis souhaitent de longue date associer la Chine à toute future discussion, ce que Pékin a exclu, arguant que son arsenal nucléaire, bien qu’en développement, reste à une échelle inférieure.