Huitième. C’est la position qu’occupe à ce jour Andrew Mountbatten-Windsor dans la liste des successibles au trône britannique. À sa naissance, le 19 février 1960, il était second derrière son frère aîné, Charles. Bientôt 66 ans plus tard, l’ancien duc d’York arrive désormais juste après le prince Archie, 6e, et la princesse Lilibet, 7e – les deux enfants de son neveu le prince Harry. Andrew figure dans la liste juste avant sa fille aînée la princesse Beatrice (9e), elle-même suivie de ses propres filles Sienna (10e) et Athena (11e).

Andrew en uniforme au palais de Buckingham pour Trooping the Colour, le 8 juin 2019. Ce sera sa dernière apparition à ce balcon.Andrew en uniforme au palais de Buckingham pour Trooping the Colour, le 8 juin 2019. Ce sera sa dernière apparition à ce balcon. © Neil Mockford/GC Images/Getty Images

Autrement dit, il faudrait un drame qui terrasserait à la fois Charles III, l’ensemble de la famille héritière de Galles ainsi que celle de Sussex avant qu’Andrew ne soit appelé à monter sur le trône. Mais même très improbable, cela reste légalement une possibilité. Déchu de l’intégralité de ses titres et honneurs, poussé à l’exil dans le Norfolk, le paria garde pourtant sa position dans l’ordre de succession.

Opinion publique et règles successorales : pourquoi il est peu probable qu’Andrew soit exclu

68% des lecteurs de Hello ayant répondu au récent sondage lancé par le magazine estiment que l’ex-prince devrait être écarté de la ligne de succession. Pour autant, la manœuvre nécessiterait l’engagement d’un processus constitutionnel lourd et particulièrement long. L’accord de chacun des royaumes du Commonwealth, ces pays où Charles III est chef d’État, est en effet nécessaire à toute modification des lois successorales.

Comme l’explique à Hello l’expert de la monarchie Robert Jobson, « il faut un Acte du parlement, mais pas seulement des députés à Westminster. Selon le Statut de Westminster de 1931, les 15 royaumes du Commonwealth, où le monarque britannique règne encore, doivent donner leur accord et faire voter la loi dans leurs parlements respectifs. Une même législation doit donc être adoptée par le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Jamaïque et onze autres parlements indépendants. Ce n’est pas sans précédent, mais cela nécessite la volonté des députés et le temps nécessaire pour que cette loi soit adoptée. »

Et Jobson d’ajouter que le pays a d’autres priorités. « Face à l’agitation politique mondiale actuelle, les députés de Westminster sont peu enclins à consacrer du temps à l’adoption de cette loi. Ouvrir le débat parlementaire sur la loi de succession risque d’entraîner des mois de gros titres négatifs dans la presse, d’amendements hostiles ou, pire encore, de chaos constitutionnel. »

Ceux qui ont perdu leur place dans l’ordre de succession

Jamais un membre de la famille royale britannique n’a encore été radié de l’ordre de succession sur décision du monarque. En revanche, certains ont perdu leur place en renonçant d’eux-mêmes à leurs droits. À commencer par le très éphémère Édouard VIII, à son abdication en 1936

Lady Marina Windsor et sa grand-tante, la princesse Michael de Kent, dans les tribunes de Wimbledon, en 2022.Lady Marina Windsor et sa grand-tante, la princesse Michael de Kent, dans les tribunes de Wimbledon, en 2022. ©Karwai Tang/WireImage/Getty

Plus récemment, lord Nicholas Windsor et lady Marina Windsor, respectivement le fils et la petite-fille du duc et de la duchesse de Kent, ont eux aussi renoncé à leurs droits quand ils se sont convertis au catholicisme. La liste des successibles à la Couronne, et donc au poste de chef de l’Église anglicane, est depuis l’Acte d’établissement de 1701 réservée aux protestants. L’issue est peu probable, mais une conversion ferait de la même façon perdre automatiquement ses droits à l’ex-mari de Sarah Ferguson.

2011, accord de Perth et amendement des règles

Le dernier grand changement dans les lois successorales a été initié en 2011, quelques mois après le mariage du prince William avec Kate Middleton. En octobre, la reine Élisabeth II profite de la réunion des chefs de gouvernements du Commonwealth à Perth, en Australie, pour leur soumettre une proposition de loi visant à abolir la primogéniture à préférence masculine au profit de l’égalité des sexes dans la préséance au trône. L’application de cette proposition a pris près de quatre ans, le temps d’être traduite en actes de loi et votée par les députés aux quatre coins du Commonwealth. Elle n’est officiellement entrée en vigueur qu’en mars 2015 – et mise en application pour tous les héritiers nés depuis le jour de la proposition, en 2011. Quatre ans, selon le sujet à débattre, cela peut parfois sembler une éternité.  

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