En effet, en arrivant à Nuuk ce vendredi, Jean-Noël Poirier, le nouveau consul du Groenland, était d’abord attendu à… l’hôtel…

En effet, en arrivant à Nuuk ce vendredi, Jean-Noël Poirier, le nouveau consul du Groenland, était d’abord attendu à… l’hôtel. À ce stade, le ministère des Affaires étrangères n’a pas encore trouvé de locaux où l’installer. Mais l’important était ailleurs : Emmanuel Macron ayant annoncé que cette « ouverture » aurait lieu le 6 février, la priorité était de respecter cet engagement. En clair, de tenir la date.

« Quand on a besoin d’amis, on se retourne et on voit qui est là, et nous, nous sommes là »

C’est donc dans le centre de la capitale, près du siège du gouvernement groenlandais, dans la rue d’Imaneq, l’une des principales artères commerçantes de la ville enneigée, que Jean-Noël Poirier et Christophe Parisot, l’ambassadeur de France au Danemark, ont convié la presse pour officialiser l’arrivée de ce « nouveau poste avancé de la diplomatie française ». « C’est un très grand jour pour la coopération franco-groenlandaise et pour la solidarité entre la France, le Groenland et le royaume du Danemark », a appuyé Christophe Parisot.

Sans domicile fixe

Mais avant tout, l’arrivée de ce consulat, pour l’heure sans domicile fixe, est une réponse à la volonté de Donald Trump de s’emparer de cette immensité de glace riche de quantités considérables de minerais, de terres rares et de matériaux critiques. Toutefois, Christophe Parisot a refusé de voir cette initiative française comme un message envoyé directement aux États-Unis : « Il serait erroné de croire qu’il s’agit d’un signal adressé à l’administration américaine. En réalité, c’est avant tout un signal adressé à nos amis groenlandais et danois. C’est aussi une question de solidarité. » Et d’imager : « Quand on a besoin d’amis, on se retourne et on voit qui est là, et nous, nous sommes là. Nous ne sommes pas là contre, mais avec. »

Pour autant, si la France s’avance en « amie », le sens de son engagement ne souffre aucun doute : « Nos valeurs sont en jeu, assume Christophe Parisot. Ce qui importe, c’est le droit international, l’intégrité territoriale, la souveraineté et les peuples. Voilà ce qui compte vraiment, voilà le message. » Et de poursuivre : « C’est aussi le signe que notre coopération avec le Groenland a été cruciale ces dernières années. Nous collaborons avec le Groenland depuis très longtemps, et il était temps d’intensifier nos efforts et de les concrétiser. »

La mission au Groenland ayant officiellement commencé, Jean-Noël Poirier et Christophe Parisot se sont ensuite entretenus avec quelques militaires français envoyés au Groenland. Une rencontre toutefois fermée à la presse. Depuis qu’Emmanuel Macron a annoncé, lors de ses vœux aux armées, l’envoi « de moyens terrestres, aériens et maritimes », la communication sur le sujet est fermée.

Un brise-glace

Selon toute vraisemblance, le détachement français se trouverait sur la base danoise de Kangerlussuaq, à 300 kilomètres au nord de Nuuk, une installation ancrée aux portes de l’inlandsis groenlandais et que l’on ne peut rejoindre qu’en avion. Une possibilité que Christophe Parisot n’a pas voulu confirmer : « Je peux vous dire qu’il y a effectivement des militaires français sur le territoire du Groenland actuellement dans le cadre d’Arctic Endurance », l’exercice de l’Otan. Mais pas question d’en dire plus : « Il n’y a pas forcément besoin de dire, l’important, c’est que nos amis danois et nos amis groenlandais savent », estime le diplomate.