« On a lancé l’idée dans la semaine qui suivait son décès. Les premières démarches ont été réalisées dès les semaines d’après. » Anatole Delabre est l’un des camarades de classe du jeune homme disparu. Bouleversés par les événements, lui et 43 autres personnes se sont organisés. Ils ont lancé une pétition fin janvier sur le site change.org pour obtenir l’installation de barrières le long des quais des bassins à flot, « dès qu’on a eu l’accord de sa famille ». « C’est important, déjà pour notre ami, parce qu’on est jeunes et qu’on ne s’attend pas à ce que ce genre d’accident se produise. »
« C’est important, parce qu’on est jeunes et qu’on ne s’attend pas à ce que ce genre d’accident se produise »
Accompagné par une amie, Isaure Chevalier, il s’est chargé de la rédaction du texte, alors que Gabriel Bennat, un autre camarade de la victime, s’est occupé de la mise en ligne. En seulement deux jours, la pétition atteignait déjà les 1 000 signataires. Le vendredi 6 février, ils étaient 1 498 à soutenir le projet.
« Une zone dangereuse »
Situés au nord de Bordeaux, les bassins à flot sont une ancienne zone portuaire et industrielle. Quinze mille habitants s’y croisent quotidiennement, entre les établissements culturels et de commerces. Et la vie nocturne n’est pas en reste. De nombreux bars, clubs et boîtes de nuit sont installés dans les environs.

Anatole Delabre, camarade de classe du jeune homme décédé, est l’un des lanceurs de la pétition.
S. C. / SO
« C’est une zone qui peut être dangereuse, surtout le soir. Des fois, il y a des bagarres, des gens qui sortent de boîtes de nuit alcoolisés, qui peuvent manquer de lucidité et qui restent dans la zone. Les bassins peuvent alors représenter un risque important », regrette le jeune homme.
D’autant plus que des tragédies similaires se sont déjà produites aux abords de la Garonne. Entre 2011 et 2013, six étudiants ont perdu la vie, morts noyés dans la Garonne. Le 7 février 2024, le corps d’un étudiant était retrouvé dans les eaux des bassins à flot. Dernièrement, le 25 mars 2025, le corps d’un Floiracais de 58 ans y était repêché également.
Un sujet en discussion
Le sujet de la sécurisation est régulièrement en discussion entre le Port de Bordeaux, Bordeaux Métropole et la mairie de quartier Bordeaux maritime. Selon le Port de Bordeaux, sur les quais du Sud bassins à flot 1 et du Nord bassins à flot 2, l’espace public est géré par Bordeaux Métropole. « Jusqu’à présent, comme dans les autres villes portuaires, Bordeaux Métropole avait décidé de ne pas mettre de barrières. Dans les bassins à flot, situés en eaux calmes, des échelles et des bouées sont en place depuis toujours. Enfin, compte tenu des derniers accidents, le port est à nouveau en dialogue avec Bordeaux Métropole et la mairie pour faire évoluer éventuellement les protections et les alertes. »