JEUX OLYMPIQUES DE MILAN-CORTINA – La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 a eu lieu vendredi 6 février. Récit d’une soirée inédite.

Après une journée ensoleillée à Milan, la nuit tombe sur le stade San-Siro… et la fraîcheur aussi. Dans les gradins, écharpes, bonnets et gants sont de mise pour assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2026. L’enceinte mythique du football italien accueille ce vendredi 6 février le spectacle tant attendu. Mais il n’est pas seul. Configuration inédite de ces Jeux, les équipes nationales sont éclatées dans différentes stations des Alpes entre Livigno et Cortina. C’est donc chacune sur les sites de leurs compétitions qu’elles s’apprêtent à défiler sous les couleurs de leur drapeau.

Il est 19 heures 40 quand l’ambiance commence à monter peu à peu. Dans un stade encore loin d’être rempli (et qui ne le sera jamais), le désormais incontournable tube de Gala « Freed From Desire » retentit. Pas encore de quoi faire danser les spectateurs malgré les deux DJ au milieu de l’arène. Est-ce le froid nocturne ou le prix des billets (il restait encore au dernier moment des tickets en vente à 700 euros) qui a refroidi le public ?

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Heureusement, quinze minutes plus tard, le véritable show peut commencer. Les premières notes d’une cérémonie placée sous le thème de l’harmonie. Une « Armonia » entre les différents aspects de l’Italie – sa ville, sa nature, sa culture, sa modernité, son passé – voulue par le directeur créatif de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina, Marco Balich.

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À 20 heures précise, le stade s’illumine enfin de ses plus belles lumières blanches. Sur la piste, les danseurs, au milieu de statues figées dans la pierre, offrent un ballet classique sur fond de musique contemporaine. Une revisite du mythe de Cupidon et Psyché, première pièce d’un spectacle qui promet d’être riche en l’émotion. Un retour aux sources après la cérémonie de Paris 2024 qui avait choisi de casser les codes et qui semble toujours fonctionner à en croire les applaudissements chaleureux du public.

Mariah Carey ouvre le bal

Du blanc… aux couleurs, de la poésie au grand spectacle. Place désormais à la folie, à l’humour, et au chaos. Guidées par une cheffe d’orchestre, des centaines de personnages envahissent la scène, tous représentant la culture italienne dans ce qu’elle a de plus flamboyant : la cuisine, l’architecture, l’opéra, les grandes innovations, la mode… Le tout sous des pinceaux géants jetant des taches de peinture au-dessus de ce bazar organisé. Mais alors que les lumières se dissolvent peu à peu, une silhouette entre en toute discrétion. Celle d’une icône, d’une diva, de la star de la soirée : Mariah Carey.

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Annoncée depuis plusieurs semaines, l’Américaine dans sa robe givrée entonne tout en douceur les premières notes de la chanson la plus connue d’Italie « Nel blu dipinto di blu », offrant même aux spectateurs sa note la plus aiguë avant d’enchaîner avec « Nothing Is Impossible ». Quelques minutes de pure grâce saluées par le public, qui ne sait pas encore qu’une autre diva s’apprête à entrer en scène. Pour l’hymne italien – l’officiel cette fois-ci -, c’est Laura Pausini qui est mise à contribution. De part et d’autre du stade, sa voix résonne et donne la chair de poule aux spectateurs. Loin de la ville, perché dans les montagnes, l’hymne retentit au même moment à Cortina, un chœur accompagnant la chanteuse italienne pour amplifier le pouvoir de sa voix unique. Définitivement le moment fort d’une soirée qui débute pourtant à peine.

Le défilé des athlètes… marqué par des sifflets

Mais à Milan, tout va très vite. À peine le temps de se remettre de ses émotions que les anneaux olympiques, perchés dans le ciel du San Siro, prennent place au centre du stade. Signe que le défilé des athlètes peut enfin débuter. Un défilé « disséminé » entre les différents clusters olympiques. Magie perdue d’un moment qui faisait autrefois toute l’essence des Jeux Olympiques : réunir, à un moment endroit les meilleurs athlètes de la planète pour quelques instants de partage, loin des conflits politiques et des enjeux diplomatiques.

Mais désormais, la trêve olympique est bien loin. Si le CIO se targue de vouloir rester neutre pour mettre en avant la beauté du sport, les divisions sont plus marquées que jamais. Et c’est ainsi sous les huées du stade qu’Israël fait son entrée durant le défilé des équipes quand l’Ukraine, elle, reçoit une longue ovation. Quant aux États-Unis, ils sont accueillis sous une bronca, sifflets ou applaudissements… notre oreille penche pour la première option. Ils sont suivis des Français, élégants dans leurs tenues blanches. Le cœur à la fête, les Bleus partagent leur joie communicative avant l’arrivée, attendue, des Italiens à domicile, clou de ce (très long) défilé des athlètes.

Des appels à la paix

Le spectacle reprend par un voyage dans le temps, mené par la comédienne Sabrina Impacciatore, qui célèbre les 100 ans de Jeux d’hiver. Un tableau suivi par une scène humoristique dans laquelle l’actrice Brenda Lodigian présente les – nombreux – gestes de la main utilisés par les Italiens lorsqu’ils s’expriment.

Les traditionnels discours passés, il est temps de retrouver le relais de la flamme olympique. La torche, transportée à San Siro, est accompagnée du ténor italien Andrea Bocelli, qui avait déjà marqué la cérémonie d’ouverture des Jeux de Turin, il y a 20 ans. La voix de velours du ténor plonge le stade dans le silence alors qu’il reprend « Nessun Dorma » de l’opéra Turandot de Puccini, dont la version de Luciano Pavarotti a marqué l’histoire. Cette fois-ci, c’est Andrea Bocelli qui lui fait honneur. À coup sûr le moment le plus émouvant de la soirée alors que la flamme olympique quitte le stade en direction de sa vasque.

Le rappeur Ghali proclame ensuite un appel à la paix entouré de danseurs habillés de blanc, qui terminent leur numéro en formant une colombe au sol. Puis Charlize Theron entre en scène, elle aussi, pour prononcer l’appel à la paix de Nelson Mandela avant l’entrée du drapeau olympique ensuite levé au son de l’hymne olympique interprété par le virtuose du piano Lang Lang et la cantatrice Cecilia Bartoli.

La fin approche et la flamme olympique effectue ses derniers relais jusqu’à l’Arco della Pace, l’un des monuments emblématiques de Milan. Simultanément, la vasque est allumée dans la ville et à la Piazza Angelo Dibona de Cortina. L’épilogue d’une cérémonie inédite sur sa configuration mais classique dans sa mise en scène. Désormais, place au sport !