Après 33 ans de carrière, comment vous est venue l’envie de faire un nouvel album de reprises ?

« Io Canto 2 » est mon deuxième album d’hommage aux chanteurs italiens. Je le fais pour la deuxième fois parce que je suis une fan, et surtout parce que j’ai commencé ma carrière de chanteuse quand j’étais petite, dans les pianos-bars avec mon père. À ce moment-là, je chantais toutes les covers de chansons importantes dans ma vie. Même si aujourd’hui j’ai le privilège d’avoir une carrière à moi et d’écrire mes chansons, de temps en temps ça me manque de chanter les chansons des autres artistes qui ont compté pour moi.

Lorsque vous avez sorti « Io Canto » en 2006, saviez-vous déjà qu’il y aurait une suite ?

Au début, non. C’était un album que je voulais faire au départ pour moi, je ne savais pas s’il allait plaire au public. Mais ça a si bien marché que j’ai commencé à penser que cela deviendrait comme une série TV, avec beaucoup d’épisodes. Donc celui-ci, c’est « seulement » le numéro deux, il y en aura sûrement d’autres.

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Quel est votre ressenti à l’idée de publier cet album, vingt ans après le premier volet ?

Ce n’était pas un choix d’attendre vingt ans. Je sentais que je devais le faire maintenant. Chanter à nouveau des chansons hommages est une chose qui doit naître instinctivement. Je ne me suis pas posé beaucoup de questions, j’avais besoin de le faire. Chanter ces chansons aujourd’hui c’est comme il y a vingt ans, cela me permet de me sentir fan. J’ai commencé à penser à cet album à la fin de l’année 2024. Pendant ma tournée où je chantais toutes mes chansons, je me suis rendu compte que pendant les balances, les musiciens me faisaient chanter des titres d’autres artistes. J’ai compris que c’était le moment de faire cet album.

Et comment avez-vous choisi les titres qui y figurent ?

Ce n’était pas difficile car j’avais déjà dû renoncer à certaines chansons que j’aimais quand j’ai fait « Io Canto ». Toutes les chansons que j’ai faites sont liées à ma vie personnelle, aux personnes qui ont fait partie de ma vie, aux souvenirs que j’ai avec elles et aux musiques qui nous accompagnaient dans ces moments.

Il y a un titre en français sur cet album, La dernière chanson (Due vite), que vous interprétez en duo avec Julien Lieb, finaliste de la Star Academy. Comment est née cette collaboration ?

C’est une chanson un peu plus contemporaine de la musique italienne, qui est sortie en 2023. Marco Mengoni l’a chantée à San Remo et j’ai beaucoup aimé. Quand j’ai fait des recherches sur cette chanson, j’ai trouvé une version en français que Marco avait déjà enregistrée. Et à la même période, j’ai connu Julien et j’ai pensé que ce n’était pas une coïncidence que la chanson arrive à ce moment-là. J’ai proposé à Julien de la chanter avec moi, il a accepté et je suis très heureuse parce qu’il est très fort. C’est difficile aujourd’hui de rencontrer des voix comme celle de Julien Lieb. Il chante des notes très hautes et très basses d’une façon extraordinaire. C’est l’une des chansons les plus difficiles de l’album et trouver un artiste comme lui était un grand plaisir. Je suis fan de sa voix.

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Et en quoi cette chanson vous a-t-elle parlé ?

C’est une très belle chanson avec une grande mélodie. Je cherchais à reprendre une chanson un peu plus récente parce que dans « Io Canto » il y avait des chansons plus vieilles. Même si dans celui-ci il y a aussi des chansons des années 1960, je voulais faire un hommage plus ample et arriver à des chansons plus récentes. Quand j’ai entendu « Due Vite », j’ai compris que j’adorais la chanter. Les notes sont très belles et le texte me plaît beaucoup. Cela raconte l’histoire de deux personnes que la musique unit même si elles ont des vies différentes. C’est une histoire que j’ai vécue.

Vous vous exprimez et chantez dans plusieurs langues, vous définissez-vous comme une artiste du monde ?

Bien sûr, je me suis construite en tant que personne en voyageant. Ma carrière a commencé quand j’avais 18 ans, je suis passée d’adolescente à adulte en grandissant dans de nombreux pays à travers le monde. Le fait de pouvoir chanter et parler dans tant de langues m’aide à me sentir italienne, mais aussi à sentir que j’appartiens à plusieurs pays du monde. J’adore le fait que mon métier m’ait permis de connaître tant de cultures différentes au cours de ma vie.

Comment vous sentez-vous à l’idée de reprendre la route tout bientôt pour une grande tournée ?

Quand j’étais plus petite, j’avais très peur mais en même temps j’avais hâte de monter sur scène parce que cela a toujours été l’endroit où je me sentais la plus heureuse. Maintenant j’ai un peu moins peur au début, mais je suis toujours un peu émue. Et une fois que les deux ou trois minutes de la première chanson sont passées, mon problème est que je ne veux plus descendre de la scène. Mes concerts ne sont jamais courts. Quand je viendrai en Belgique, j’arriverai avec un concert de plus de deux heures trente. Je chanterai de nombreuses chansons de Io Canto 2, quelques-unes de Io Canto, mais aussi les chansons les plus importantes de ma carrière : « La solitudine », « Strani Amori », « Incancellabile », « Ritorno da te », « Tra te e il mare », « Invece no »…

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Que vous inspire le public belge ?

La Belgique a été un pays important de ma carrière. Le premier pays dans lequel j’ai été connue après l’Italie était les Pays-Bas, et tout de suite après la Belgique. Mon premier grand concert hors d’Italie était à Bruxelles, à Forest National. Je ne peux pas l’oublier. Je suis née dans un petit village d’Italie et c’était déjà presque impossible pour moi d’imaginer chanter dans une si grande salle dans mon pays. Quand j’ai eu l’opportunité de chanter dans ce genre de salle en dehors de l’Italie, cela me semblait incroyable. La Belgique a toujours été fidèle envers moi. En 33 ans, elle ne m’a jamais abandonnée. Quand je fais des concerts à Forest National, c’est toujours plein de personnes qui chantent et qui ne m’ont jamais lâchée. C’est comme une histoire d’amour entre deux personnes qui ne s’abandonnent jamais.

Après 33 ans de carrière et autant de succès, quels sont vos rêves et objectifs pour le futur ?

Cela peut sembler difficile de penser que je rêve encore, parce que j’ai eu beaucoup de chance et j’ai vécu de nombreuses expériences. J’ai perdu des occasions de vivre une vie plus normale, plus simple. L’un de mes grands rêves serait de pouvoir vivre une journée plus simple : aller au marché, aller en vacances sans les paparazzis, faire des choses quotidiennes. Un autre grand rêve serait de continuer à vivre comme je vis aujourd’hui. C’est un métier très étrange. Et je suis très privilégiée parce qu’en 33 ans, je n’ai pas vécu de moment difficile dans ma carrière. Donc je rêve de pouvoir vivre comme cela pour toujours.

« Io Canto 2 », disponible depuis ce vendredi 6 février. Laura Pausini sera de passage en Belgique le 25 octobre 2026 à Forest National. Les billets sont en vente ici.