L’un des plus grands films d’horreur de l’Histoire du cinéma va avoir droit à un remake, et bien évidemment que ça fait peur.
Au cinéma plus qu’ailleurs, ça crie au sacrilège et au blasphème dès qu’on ose toucher à un film pour en faire un remake. On le sait, on fait partie de la meute. Mais au fond, est-ce vraiment si spécial, et si grave ? Il suffit de regarder du côté de l’opéra, du ballet et du théâtre pour constater que personne ne s’offusque face à la 3678ème version de La Flûte enchantée, du Lac des cygnes ou de Roméo et Juliette. C’est même la norme.
L’Histoire du cinéma regorge d’ailleurs d’exemples de bons remakes, qui ont su se réapproprier, voire dépasser l’original, au point de parfois le remplacer dans l’imaginaire collectif. Mais les réflexes ont la peau dure, et c’est finalement la mission de tout cinéphile qui se respecte de râler par principe face à une annonce de remake, quitte à défendre le résultat s’il est réussi.
Et Hollywood va encore nous donner du grain à moudre avec l’annonce d’une nouvelle version d’un classique absolu du cinéma, tout de même portée par l’excellent Michael Shannon (Take Shelter, Les Noces rebelles, The Flash).
Tous aux abrisQUOI DE NEUF DOCTEUR CALIGARI ?
C’est Variety qui a annoncé cette folie. Une nouvelle version du film iconique Le Cabinet du docteur Caligari se prépare, avec l’habituelle charabia indiquant que c’est « une réinvention contemporaine » plutôt qu’un remake – mais inutile de tortiller des fesses, c’est un remake. Et il en faut du courage kamikaze pour s’attaquer à un tel classique du cinéma.
Même si les mots « noir et blanc », « expressionnisme allemand » et « film muet des années 20 » vous donnent envie de fuir, ça ne change rien au fait que Le Cabinet du docteur Caligari est une pièce maîtresse du cinéma d’horreur, et du cinéma tout court. Sorti en 1920, le film réalisé par Robert Wiene a marqué les esprits avec ses décors complètement fous et tordus, ses jeux d’ombres et perspectives, et son ambiance cauchemardesque.

L’expressionnisme allemand en une image
Logique pour un film qui raconte l’histoire du mystérieux docteur Caligari, capable de manipuler un somnambule pour commettre des meurtres. Avec en plus un twist qui n’avait rien de classique à l’époque, le film a rapidement eu une grande influence. Le Cabinet du docteur Caligari a ainsi résonné jusque dans le cinéma d’Alfred Hitchcock et Tim Burton (rien que les décors du monde de l’après-vie dans Beetlejuice), pour citer les plus célèbres et évidents.
Ce n’est pas la première fois que quelqu’un essaye de refaire Le Cabinet du docteur Caligari, d’une manière ou d’une autre. Robert Wiene lui-même a tenté de mettre sur les rails une version parlante. Une sorte de suite, intitulée Dr. Caligari, a en tout cas vu le jour en 1989, avec beaucoup de sexe et peu de rapport avec l’œuvre d’origine.

Les langues se délient
Cette « réinvention contemporaine » du Cabinet du docteur Caligari sera portée par un acteur de talent puisque Michael Shannon reprendra le rôle iconique du docteur et hypnotiseur fou, semant les cadavres dans une petite ville, et qui commence à éveiller les soupçons d’une jeune femme dont le petit ami a disparu.
L’autre nom annoncé fait moins rêver, puisque le film sera réalisé par John Erick Dowdle. Révélé par le film The Poughkeepsie Tapes en 2007, il a depuis signé le remake américain tout naze de REC, le très moyen Devil produit et imaginé par M. Night Shyamalan, et l’amusant-mais-pas-très-bon Catacombes où des jeunes exploraient les entrailles de Paris. Hors horreur, il a également réalisé le film d’action No Escape avec Owen Wilson, passé inaperçu en 2015. Mais pour sa défense, il était avec son frère Drew Dowdle derrière la mini-série Waco, avec Michael Shannon justement.
Le tournage du nouveau Caligari est prévu en juin 2026. Et on a peur/hâte de voir comment ils vont s’attaquer à ce monument.