l’essentiel
Hugues Miorin figure parmi les cinq nominés au poste de deuxième ligne à gauche pour constituer le XV de légende du Stade Toulousain de ces trente dernières années. L’un des joueurs les plus titrés du Stade se souvient d’un autre rugby.
Il a connu les poules de dix. L’époque où le Stade était attendu partout. À Auch, Montchanin, Narbonne. Un autre monde. Arrivé à 17 ans au Stade en provenance de Fumel, il a eu le privilège de jouer avec les Portolan, Cadieu, Cigagna, Maset, Janik tout en voyant arriver à sa fin de carrière, Michalak et Poitrenaud. Il est bien entendu une pièce essentielle du pack toulousain dans la domination sans partage des années 90 malgré deux petits creux en 1992 et 1993 : « La série de titres en 1994, 1995, 1996 et 1997, c’est le pied. Car tout le monde a apporté quelque chose, que ce soit les mecs plus matures qui sont restés dans le groupe et les très jeunes. Une phase finale, tu la vis avec tout un groupe. C’est un mélange de confiance et de crainte de mal faire qui fait que tu réussis ou que tu ne réussis pas. C’est vrai qu’à cette époque-là, on a eu la chance de beaucoup réussir » nous avait-il confié lors d’un entretien.
Parce qu’il est toujours resté dans le rugby (il est aujourd’hui entraîneur de Saint-Sulpice-sur-Lèze qui joue le haut de tableau en Fédérale 1), il peut porter un regard objectif sur le poste de deuxième ligne qui est sûrement celui qui a le plus évolué au fil des années : « Le style de joueur que j’étais, je n’aurais plus ma place aujourd’hui. Des mecs qui ne font que pousser et que nettoyer, il n’y en a plus. Les secondes lignes actuels, c’est entre dix et quinze plaquages par match. Nous, c’était trois par saison (rires). Et encore, c’étaient des cordes à linges, des blocs ou des étranglements. Mais on ne pouvait pas dire que cela ressemblait à un plaquage. »
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Avec son palmarès et tant de finales jouées, il était en terrain connu avec le président de la République, lors des présentations des équipes avant la finale. Une mondanité Hugues Miorin ? Pas vraiment. Il préfère garder les pieds sur terre avec humour : « C’était une fierté, bien sûr, de serrer la louche au président. Mais c’est tellement protocolaire que le président ne te regarde pas, il se dit plutôt : Qu’est-ce que c’est que ces bêtes sauvages ?’ D’autant plus, qu’on avait toujours de la résine dans les mains. Le pauvre mec, il serrait cinquante paluches, il pouvait aller se laver les mains derrière. C’est la rencontre de deux mondes complètement opposés. Surtout à cet instant. Tu es tellement dans le match que tu ne partages pas grand-chose. »