Il ne pense pas que ce sera sur ce Tour d’Oman, sa course de reprise (après la Muscat Classic disputée en mise en jambes ce vendredi et dominée par Mauro Schmid dans une échappée de costauds avec son coéquipier Luke Plapp et un Adam Yates déjà bien affûté), qu’il découvre, malgré l’étape reine de Green Mountain de mercredi, qu’il juge trop « explosive » pour lui. Mais il espère renouer avec la victoire prochainement.

Gagner un grand tour? Je me dis que je peux le refaire.

Pense-t-il pouvoir gagner à nouveau une Vuelta ? Ou un Giro ? « Pourquoi pas ? Je l’ai déjà fait. Je me dis que je peux le refaire. Maintenant, je sais que j’ai remporté le Tour d’Espagne dans des circonstances particulières. Je sais aussi que ce sera certainement plus compliqué de gagner à nouveau de cette manière. À profiter d’une grosse échappée. Et d’avoir un rôle de… sous-estimé qui permet d’obtenir une grande avance. Les autres coureurs et leurs équipes savent désormais que j’ai déjà remporté un Grand Tour. On ne me laissera plus autant de liberté. En 2023, je n’étais pas une menace. C’est désormais sans doute différent. Mais on ne sait jamais. C’est ce qui fait la beauté du cyclisme : il peut se passer tant de choses en course, c’est très tactique. Ben O’Connor avait par exemple aussi pris pas mal d’avance en 2024 sur la Vuelta avant de finir deuxième du classement final. Chaque équipe s’est améliorée. Chaque effectif peut contrôler quand il le juge nécessaire. Mais cela reste tactique. Je trouve d’ailleurs que le style de course est devenu, parfois, un peu moins… contrôlé. Cela peut vite devenir imprévisible. Surtout parce que les grands champions sont capables de tout faire. Et d’attaquer partout, même loin de l’arrivée. »

guillement

Remco se retrouve aussi dans un effectif plus tourné vers les Grands Tours

Après le Tour d’Oman, l’Américain va peu courir. Il passera par le Tour de Catalogne. Avant de retourner au Giro. Et au Tour de France. À chaque fois en soutien de Vingegaard. « Forcément, je pense que Jonas peut remporter le Tour d’Italie. Cela reste le Giro, il y a toujours de solides coureurs au départ et particulièrement cette année. Mais Vingegaard semble taillé pour cette épreuve. »

Et au Tour de France ? Il faudra se montrer meilleur que Tadej Pogacar et son armada UAE… « Cela reste un très beau défi. C’est notre but en tant qu’équipe. On a gagné le Tour de France en 2022 et 2023. Ne plus y être arrivé deux ans de suite nous met effectivement dans une forme de pression. Mais quand vous réalisez à quel point ce Tadej Pogacar est fort…, il faut aussi savoir l’accepter. Et se demander : que faire pour nous améliorer ? »

Âgé de 31 ans et coureur à la mentalité calme, cet ancien skieur, dont le papa était d’ailleurs coach dans ce sport, se sent proche de son leader Jonas Vingegaard. « Je me plais dans ce rôle de lieutenant pour lui. On roule tellement ensemble qu’on n’a plus besoin de se parler, on se comprend. C’est précieux. En général, quand je gagne, je ne m’y attends pas trop. Ou cela arrive quand un plan est modifié. Il faut savoir saisir les opportunités. « 

Devront-ils souvent s’entendre en juillet sur Remco Evenepoel ? Le voient-ils comme une menace grandissante avec son transfert chez Red Bull-BORA-hansgrohe ? « C’était déjà un super coureur avant d’arriver dans sa nouvelle équipe, répond Sepp Kuss. Mais le fait de se retrouver dans une plus grande structure, avec une organisation différente de ce qu’il connaissait avant peut l’aider à s’améliorer. Red Bull, mais aussi Specialized, peuvent offrir pas mal de choses importantes pour le développement. Remco se retrouve aussi dans un effectif plus tourné vers les Grands Tours. Ce qu’il recherchait. Je pense que cela va lui permettre de franchir un grand pas cette saison. »

Un sérieux adversaire en moins pour Remco Evenepoel : Jonas Vingegaard ne disputera finalement pas l’UAE Tour