« Quand on est étranger, on se sent toujours obligé de se faire discret, de ne pas faire de vague », dit Pamela, née en Argentine et à Marseille depuis 15 ans. Alors quand les récépissés ne sont pas délivrés, que la préfecture ne répond plus et que les titres de séjour arrivent à échéance, peu de voix s’élèvent pour dénoncer des dysfonctionnements qui semblent devenus systémiques.

Pourtant, depuis plusieurs semaines, l’inquiétude gagne une partie de ces Marseillais. Des messages affluent sur les réseaux sociaux pour questionner « les délais interminables de la préfecture des Bouches-du-Rhône » et partager sa « peur de perdre son emploi ».

« Ma vie est ici, mon fils est Français mais je vais me retrouver à la rue »

« Il faut en parler, témoigner parce que beaucoup de personnes sont touchées mais chacun vit ça dans son coin », reprend Pamela, 54 ans. Accompagnante éducative et sociale, elle n’a plus de nouvelle de la préfecture depuis des semaines et son dernier récépissé a expiré le 18 janvier. « Je n’ai plus le droit de travailler. Je n’ai plus accès à l’application de ma boîte d’intérim qui me missionnait. Mon compte est bloqué pour titre de séjour non-valide, décrit-elle. Je gagnais entre 2 40…