Dans Les Experts Cinéma cette semaine, Matteu Maestracci évoque les films « À pied d’œuvre » de Valérie Donzelli et « The Mastermind » de Kelly Reichardt.
Publié le 07/02/2026 09:05
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Bastien Bouillon dans le film « À pied d’œuvre », de Valérie Donzelli. (DIAPHANA DISTRIBUTION)
Le long-métrage de Valérie Donzelli a été récompensé par le prix du meilleur scénario à la dernière Mostra de Venise. Il est lui-même une adaptation du livre, éponyme et autobiographique, de Franck Courtès.
L’histoire de Paul, ex-photographe, incarné par un Bastien Bouillon impeccable, qui a décidé de stopper cette activité confortable pour devenir écrivain à plein temps. Or ses ressources ont considérablement baissé. Il se retrouve à vivre dans un sous-sol froid et humide et s’inscrit, pour gagner un peu d’argent, sur une application qui met en lien des particuliers ayant besoin d’un travail manuel avec une main-d’œuvre sous-payée. Paul devient donc un travailleur précaire, face à l’incrédulité de ses proches.
Avec une mise en scène sobre et élégante – qui épouse au mieux cette thématique du travail au cœur du film – À pied d’œuvre propose, parfois, une légèreté bienvenue malgré la dureté de certaines situations. C’est aussi la vision d’une société de plus en plus individualiste et déshumanisée.
La réalisatrice de 61 ans est devenue ces 20 dernières années l’égérie du cinéma indépendant américain. Elle a choisi d’injecter dans ses deux derniers longs-métrages un humour qu’on ne lui connaissait pas, comme ici où elle revisite le film de braquage.
Nous sommes dans le Massachussetts en 1970, en pleine guerre du Vietnam. JB, un jeune père de famille chômeur, décide d’embarquer quelques comparses dans le vol de 4 tableaux d’un musée local. Mais la bande de pieds nickelés fait absolument tout foirer, le titre du film, The Mastermind, le cerveau, étant ici surtout ironique.
Peut-être un peu longuet, au regard de ses ambitions, et pas tout à fait au niveau des grands films de son autrice, The Mastermind reste de belle facture avec son ambiance cool et jazzy. Le film permet au comédien anglais Josh O’Connor – au faux air de Serge Gainsbourg jeune – de briller à nouveau après La Chimère, Challengers ou encore le troisième chapitre de Knives Out de Rian Johnson (récemment sur Netflix).