Après son homologue du 16e, le maire du 17e arrondissement vient de signer une charte avec Uber Eats et Deliveroo pour «limiter» les nuisances sonores.

«Ils nous pourrissent la vie». Les habitants de Paris sont souvent excédés par les nuisances des livreurs de repas. Ces derniers sont accusés d’attendre «bruyamment leur commande», rassemblés à 15 ou à 20, sous les fenêtres des riverains. Le maire du 17e arrondissement, qui dit avoir constaté des nuisances sonores autour de la place Aimé-Maillart et de la rue Pierre-Demours, a décidé de prendre le sujet à bras-le-corps. Geoffroy Boulard vient de signer une «charte de bonnes pratiques» avec les plateformes Uber Eats et Deliveroo. Comme son homologue du 16e, Jérémy Redler (LR), qui avait signé, en juin 2025, une charte similaire et mis en place des contrôles renforcés de la police municipale, notamment autour de l’avenue Victor-Hugo.

L’objectif ? Réguler les livraisons et «limiter les éventuelles nuisances signalées par les riverains», afin de mieux faire cohabiter les Parisiens et les coursiers. La mairie pourra ainsi signaler aux plateformes les «situations locales identifiées comme source de nuisances pour les riverains». Selon le niveau de nuisances relevé, la plateforme pourra adresser un message sur son application et par mail à destination des livreurs bruyants ou les appeler au téléphone pour leur demander de faire moins de bruit.


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Si les nuisances persistent, une réunion entre les plateformes et la mairie du 17e pourrait être organisée pour trouver une solution visant à «réduire les temps d’attente des livreurs». «La mairie (du 17e) se réserve le droit, selon le degré de nuisances subies, de mettre en œuvre directement la ou les mesures qu’elle estime les plus adaptées», précise la charte.

Des parkings réservés aux livreurs testés en 2022

«L’idée n’est pas du tout de chasser les livreurs mais d’assurer une régulation de leur présence dans l’espace public, affirme Geoffroy Boulard, maire LR du 17e, cité par Le Parisien. Il faut que les livreurs ne soient pas gênés dans leur travail mais il ne faut pas que ce travail soit à l’origine de nuisances ou d’incivilités, notamment pour les riverains.»

Pour réduire le temps d’attente des livreurs, le maire du 17e avait testé la création de parkings qui leur sont réservés, à l’angle de l’avenue de Villiers et du boulevard Berthier. Mais cette expérimentation avait entraîné la colère des commerçants qui considèrent que cette solution ne fait que déplacer le problème. Malgré ce tollé, Geoffroy Boulard ne baisse pas les bras et «étudiera la possibilité d’implanter d’(autres) zones d’attente, en cas de nuisances persistantes». Le maire du 16e réfléchit, quant à lui, à la création de «zones blanches» où les livreurs ne pourraient pas recevoir de commande. Reste à savoir si d’autres arrondissements voire d’autres villes de France prendront les mêmes mesures.