EN IMAGES – En l’espace de deux ans, le fils aîné de la princesse Mette-Marit est passé du statut de «golden boy» à celui de paria de la famille royale norvégienne.

La reine Sonja de Norvège le décrivait, en 2001, comme «le petit garçon le plus adorable et poli du monde». À l’époque, Marius Borg Høiby, 4 ans à peine, faisait fondre tous les membres de la famille royale avec ses yeux bleus perçants et ses mèches blond platine encadrant ses joues rebondies.

Après le mariage de sa mère, Mette-Marit, avec le prince héritier Haakon, en août 2001, l’enfant a été accueilli les bras ouverts par le roi Harald V et ses proches, qui l’ont tout de suite considéré comme l’un des leurs. Car bien qu’adorable, le petit Marius n’était pourtant pas prince.


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Un père délinquant

Né en 1997 à Oslo, Marius Borg Høiby est d’abord élevé seul par sa mère, Mette-Marit, qui ne peut compter ni sur le soutien moral ni sur l’aide financière du père de l’enfant, Morten Borg. À la naissance de Marius, ce Norvégien au casier judiciaire bien rempli purge une peine de deux ans de prison pour possession de cocaïne, violences et conduite en état d’ivresse. Loin des fastes du palais royal, Mette-Marit se réinstalle chez ses parents à Kristiansand, dans le sud du pays, juste après son accouchement, pour se remettre sur pied.

Un soir d’été, en juillet 1999, son destin bascule finalement lorsque son regard croise celui d’Haakon à un festival de musique rock où elle travaille comme serveuse. Deux ans plus tard, son mariage avec le prince norvégien change radicalement sa vie et, par ricochet, celle de son fils. Marius se retrouve soudainement sous le feu des projecteurs, scruté par les médias et le peuple norvégien, curieux d’en savoir plus sur cet enfant au parcours chaotique et au visage d’ange.

Irréprochable

S’il n’hérite d’aucun titre, le fils de Mette-Marit participe à tous les grands événements de la cour, d’abord seul, puis aux côtés de sa demi-sœur, Ingrid Alexandra, et de son demi-frère, Sverre Magnus, nés des amours de sa mère avec son beau-père, Haakon. Marius apprend très rapidement les règles du protocole : il se tient droit, salue la foule et sourit aux photographes dès qu’il le faut. Malgré son statut d’outsider, et bien qu’il ne soit pas prétendant au trône, il joue le jeu en étant toujours irréprochable, aimable et respectueux.

«Il a eu un rôle difficile à tenir»

Sous le charme, les médias norvégiens lui donnent un surnom affectueux, celui de «petit Marius», signe que tout le pays l’a adopté. Mais la pression est bien présente : ses moindres faits et gestes sont repérés, observés, analysés, ce qu’il supporte de moins en moins en grandissant alors qu’il se découvre une passion pour la fête, l’alcool et les femmes. À ses 20 ans, en 2017, il déclare à sa mère qu’il souhaite retrouver son anonymat. Désireuse de protéger son fils, Mette-Marit publie une lettre ouverte dans laquelle elle demande aux médias d’arrêter de parler de la vie privée de son fils. «Marius a toujours eu un rôle difficile à définir (…) Il n’est pas une personne publique», écrit-elle.

Pour fuir l’agitation médiatique, Marius Borg Høiby part faire ses études à l’université de Santa Monica, aux États-Unis. Trois ans plus tard, en 2020, il revient en Norvège où il mène une vie de débauche, consommant drogues, alcools et stupéfiants lors de soirées dans des clubs huppés d’Oslo ou en festival. Lors de ses sorties, il est photographié les cheveux en bataille, des lunettes de soleil vissées sur le nez, ses bras recouverts de tatouages. Bref, le «petit Marius» n’est définitivement plus. En 2024, le masque tombe : le fils aîné de Mette-Marit est arrêté pour violences conjugales et consommations de drogues. Les semaines suivantes, il est visé par des accusations de viols.


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Son procès s’est ouvert ce mardi 3 février au tribunal d’Oslo. Appelé à la barre pour livrer sa version des faits, le jeune homme, désormais âgé de 29 ans, a clamé son innocence en larmes, la voix tremblante. Jadis considéré comme un membre exemplaire de la famille royale norvégienne, au même titre que ses frères et sœurs, Marius le «presque prince» en est aujourd’hui devenu le paria.