Ces dernières semaines, les Varois ont vu leur matelas s’affaisser par rapport à leurs concurrents aux places qualificatives pour la phase finale. Alors, quel est le problème sur la rade ?
Depuis plusieurs journées, Pierre Mignoni a pris l’habitude, à son plus grand désespoir, d’arriver avec la mine des mauvais jours dans les salles de presse de l’Hexagone. L’entraîneur varois a jonglé ainsi entre les champs lexicaux de l’insuffisance pour les siens et de l’excuse vis-à-vis de ses supporters. D’un week-end à l’autre, les Rouge et Noir montrent deux visages opposés. Ils sont les rois à domicile (deuxième bilan, avec trente-huit points pris en huit réceptions) et parmi les pires élèves à l’extérieur avec seulement cinq unités en huit déplacements (onzième bilan, juste devant Montauban, Perpignan et Bayonne). Par rapport à la même époque l’an passé, la bande à Ribbans est largement en retard sur son tableau de marche. Elle avait, en effet, déjà récolté trois succès loin de la Méditerranée et trois bonus défensifs (quinze points).
Au classement, ce mal de transport cause un écart de neuf points (43 points contre 52). Et si Toulon avait déjà quasiment tamponné son ticket pour la future phase finale à l’hiver 2025 (seize points d’avance sur la septième place à la 16e journée), c’est loin d’être le cas pour ce cru avec deux unités d’avance sur le trio Castres-Clermont-Racing 92.
Une défense en question et pression maximale à la reprise
Une nouvelle fois, en sortant la calculette, l’explication paraît limpide. Si l’attaque est plutôt stable à l’extérieur (136 points contre 135), la défense a failli, ces derniers mois, dans les grandes largeurs loin de Mayol (333 points contre 191). En bref, par rapport au précédent exercice, les Varois concèdent en moyenne dix-huit points de plus à chaque déplacement. Et, d’une manière logique, les claques sont ainsi bien plus nombreuses. Sur l’ensemble de la phase régulière de Top 14, en 2024-2025, le RCT n’avait encaissé qu’à deux reprises 30 unités ou plus. Cette saison, ce fut déjà le cas à six reprises, dont quatre fois à quarante ou plus.
Depuis son retour, Mignoni a pris à sa charge l’aspect défensif. Ce secteur lui plaît et lui donne souvent le pouls de son équipe. Après le revers à Pau (32-12), il a, pour l’une des premières fois de l’exercice, tancé franchement ses joueurs en estimant qu’ils ne sont pas « assez costauds », tout en manquant « d’intelligence sur la discipline ». Dans ce dernier point, le départ, en 2024, de Romain Poite n’a jamais été comblé. L’ex-arbitre avait su diffuser sa science du règlement pour éviter les fautes et les avertissements.
En vue du prochain bloc, les partenaires de Ludlam s’apprêtent donc à sérieusement cravacher sur ces deux domaines prioritaires. Lors des cinq prochaines journées, Toulon sera sous pression : il recevra deux concurrents directs (Clermont et Paris) et se rendra chez les trois derniers du Top 14 (Lyon, Perpignan et Montauban). Il faudra faire le plein pour éviter de tomber de haut, et redonner le sourire, au passage, à « Pierrot ».