Ce Chinois âgé de 38 ans se souviendra toute sa vie de sa randonnée en haute montagne. À son retour, il a souffert de saignements de nez pendant plus de deux semaines. Sa visite dans une clinique ORL a permis d’identifier la cause de ce symptôme : une sangsue vivante installée dans sa narine droite. Son cas a été décrit dans la revue The England Journal of Medicine.

Elle tentait de se débattre pour échapper à la lumière de l’endoscope

L’homme a déclaré aux médecins saigner du nez, à raison de quelques gouttes toutes les heures, depuis 20 jours. Il expulsait également des crachats teintés de sang lorsqu’il toussait ou crachait. À l’examen clinique, les médecins confirment le saignement de la narine droite. 

Ils décident alors de réaliser une endoscopie, une méthode d’exploration visuelle médicale qui permet de regarder dans une cavité inaccessible à l’œil. C’est là qu’ils découvrent la présence d’une sangsue dans la narine droite. Dans leur rapport, les médecins écrivent que celle-ci était vivante et tentait de se débattre pour échapper à la lumière de l’endoscope.

Ils s’attendaient à tout sauf à une sangsue ! En effet, les « sangsues nasales » sont une cause rare de saignements, peut-on lire dans le rapport de cas. Ce symptôme, quand il est chronique, peut être lié à la présence d’un corps étranger (objet) dans le nez ou d’une tumeur (bénigne ou maligne). 


Une image de la sangsue visible pendant l’endoscopie. © Wu et al., New England Journal of Medicine

Une petite toilette du visage à l’eau de source qui s’est mal terminée…

La plupart des espèces de sangsues vivent en eau douce. Le patient a sans doute rencontré l’animal lors de sa sortie d’alpinisme 20 jours plus tôt. Il a rapporté aux médecins s’être lavé le visage à l’eau de source et la sangsue (qui était présente dans l’eau) a probablement pénétré dans sa narine et s’y est accrochée. « Les infestations de sangsues nasales sont rares, et la baignade en eau stagnante, la toilette à l’eau naturelle non traitée ou la consommation de cette eau constituent des facteurs de risque », ont fait savoir les auteurs du rapport.

Bien que impressionnante, l’infestation de sangsues nasales se traite bien. Après avoir réalisé une anesthésie locale, les médecins ont extrait la sangsue du nez grâce à une sonde d’aspiration. Celle-ci en est ressortie intacte et toujours vivante.

Une semaine après l’intervention, une consultation de suivi a été programmée pour vérifier que l’homme ne présentait aucune séquelle de sa mésaventure. Heureusement, tout était rentré dans l’ordre !