Qui sont ces créatures hybrides, fantastiques, mi-humaines mi-animales, qui font aussi penser à des robots ou personnages de jeux vidéo qui se croisent sans se regarder, comme dans un monde de solitude ? Sous nos yeux, les danseurs, tous vêtus de noir, qui se croisent sans même se regarder, semblent se métamorphoser, se dupliquer, un sentiment renforcé grâce à un dispositif de miroirs, qui favorise le reflet et l’illusion d’optique. La pénombre ajoute de l’étrange, à cette atmosphère futuriste, comme les musiques entêtantes et répétitives, du rappeur Kendrick Lamar Duckworth.

photo àbimes est la première grande pièce de linda hayford  ©  gwendal le flem

Àbimes est la première grande pièce de Linda Hayford Gwendal Le Flem

Abîmes est la première grande pièce collective de la chorégraphe rennaise Linda Hayford, présentée au TNB, à Rennes dans le cadre du festival Waterproof. Et c’est un succès. Les sept interprètes dont la chorégraphe, tous au parcours différent, chacun avec sa personnalité, font preuve d’une grande virtuosité et impulsent une tension, une énergie dès les premières minutes de la pièce. Présentée comme la reine du popping, l’artiste autodidacte, Linda Hayford déploie en grand sa danse urbaine physique, expressive, qui consiste à ponctuer le son, la musique, avec des arrêts ou des impacts, des ralentis, des contractions puis des relâchements musculaires. Captivant !

Jusqu’au 7 février 2026, au TNB, à Rennes,