Porcari, petit village de Toscane, est sous le choc après la mort d’un couple et de leurs deux enfants victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone dans leur maison fraîchement rénovée.
« Je n’ai pas pu les sauver, je n’ai pas pu les sauver. » Mercredi 4 février à 19 h 58, Hajdar Kola, un électricien de 22 ans, a appelé le 118, le numéro des secours en Italie, expliquant que sa sœur était « malade ». L’appel a duré onze minutes et a pris fin quand le jeune homme a semblé faire un malaise au bout du fil. Les secours se sont alors rendus à l’adresse indiquée, soit au numéro 168, d’une rue de Porcari, en Toscane. Mais sur place, ils n’ont pu que constater que le jeune homme s’était trompé d’adresse.
Les secouristes se sont alors mis à frapper à toutes les portes, interrogeant chaque voisin pour tenter d’identifier les victimes, avant de se résoudre à appeler les carabiniers. Les policiers italiens sont parvenus à identifier l’auteur de l’appel, ainsi que son frère, Turim Kola, qui les a accompagnés dans la maison de sa famille, situé en réalité au numéro 186. À bout de forces, son frère avait visiblement inversé les chiffres, retardant l’intervention des secours de près de 2 heures.
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Intoxication au monoxyde de carbone
Aussi, quand à 21 h 48, Turim Kola et deux carabiniers ont forcé la porte de la maison, ils ont immédiatement été pris de vertiges. Et quand les secouristes sont arrivés, quelques minutes après, ils ont ainsi retrouvé les trois hommes inconscients – ces derniers ont dû les transporter à l’hôpital : il n’y avait plus d’oxygène dans la maison et ils ont été victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone, rapporte « Il Corriere Fiorentino ».
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Intoxication qui a été fatale aux quatre personnes présentes dans la maison ce jour-là, à savoir Arti Kola, peintre de 44 ans, sa femme Jonida Kola, femme au foyer de 48 ans, leur fils Hajdar, électricien de 22 ans, et leur fille Xhesika, une étudiante de seulement 15 ans. Tous les quatre ont été retrouvés dans la chambre de cette dernière.
Une enquête pour « homicide involontaire » a été ouverte pour tenter d’éclaircir les circonstances de ce drame. Elle devrait notamment se focaliser sur la chaudière de la maison, qui était visiblement neuve et en partie toujours sous cellophane. A-t-elle été installée correctement ? Tous les tests avaient-ils été effectués ? Les investigations devraient permettre de répondre à ces questions.
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« Elle avait un rêve dans son cœur »
Selon nos confrères italiens, Arti et Jonida étaient originaires d’Albanie et étaient arrivés en Toscane il y a une dizaine d’années avec leurs enfants. Lui a été décrit comme un homme « bon et attentionné » par les voisins. Elle comme une femme qui « consacrait sa vie à sa famille ». « Elle venait acheter du pain tous les jours et était une personne très gentille : jamais un mot désagréable, toujours un sourire pour tout le monde », a témoigné l’épicier du coin.
Le principal du collège fréquenté par Xhesika, 15 ans, a raconté qu’elle écrivait des poèmes que ses camarades « collectionnaient ». « Jessica, comme nous l’appelions, était une fille très douce qui poursuivait ses études avec passion et engagement », a-t-il soutenu. « Elle avait un rêve dans son cœur : elle voulait devenir coiffeuse comme sa cousine qui vit à Padoue », a également confié sa tante, Mira, bouleversée.
Hajdar a, lui, été présenté comme « un garçon très gentil et travailleur ». « Nous nous parlions souvent et il n’avait d’autre but que d’aider sa famille et ses parents », raconte son cousin Durim. « Il n’était jamais en retard, n’avait jamais d’excuses. Un homme ponctuel, un travailleur d’une autre époque », a également décrit un collègue de l’électricien.
La famille Kola avait acheté cette maison il y a trois ans et Arti Kola l’a rénové lui-même, « probablement avec l’aide d’amis », avant que tout le monde ne s’y installe il y a environ 7 mois. Sous le choc de ce drame, la commune de Porcari a décidé d’annuler son carnaval, prévu ce dimanche. Seul survivant de cette tragédie, Turim peine à s’en remettre, se flagellant : « Je n’ai pas pu les sauver, je n’ai pas pu les sauver. J’ai perdu connaissance… »