Rachida Dati a dénoncé (sous serment et sans preuve) jeudi 5 février les méthodes de « Complément d’enquête ».

XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP

Rachida Dati a dénoncé (sous serment et sans preuve) jeudi 5 février les méthodes de « Complément d’enquête ».

« Non Mme Dati, nous ne monnayons aucun témoignage ». C’est le titre du communiqué de presse rédigé ce samedi 7 février par la « société de journalistes » (SDJ) de France Télévisions après les graves accusations portées par la ministre de la Culture, Rachida Dati, contre des journalistes de « Complément d’enquête ».

Interrogée en commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Rachida Dati avait assuré jeudi qu’un ou des reporters du magazine d’investigation phare de France 2 avaient proposé de rémunérer un de ses proches pour un témoignage à charge.

« Il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers qui s’est présenté auprès d’un membre de ma famille comme un journaliste indépendant et en disant : “si vous avez des choses très à charge concernant madame Dati, on est prêt même à vous indemniser s’il le faut » », avait affirmé la candidate de la droite (LR et MoDem) aux municipales à Paris. Rachida Dati a, pour l’heure, refusé de fournir des preuves pour étayer ses propos.

«  Ses accusation portent atteinte à la liberté de la presse. »

L’accusation est particulièrement grave. Pour cause, si les affirmations de la ministre (déjà formulées, mais répétées ici sous serment) se vérifient, elles témoigneraient de pratiques totalement proscrites selon la déontologie journalistique.

C’est pourquoi l’association des journalistes de France Télévisions est montée au créneau ce samedi. « Nous le répétons, les journalistes du service public ne proposent jamais d’argent pour obtenir une information. Cela est contraire aux règles déontologiques auxquelles nous nous tenons en toutes circonstances », a dénoncé la SDJ, qui souligne que l’enquête intitulée Rachida Dati, la conquête à tout prix, diffusée mi-décembre, n’a pas été menée par « un tiers, ni un journaliste indépendant ».

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Ces journalistes déplorent aussi : « lorsque la ministre dit soutenir le service public, ses accusations instillent le doute sur nos méthodes de travail, et portent atteinte à la liberté de la presse. »

Les responsables de l’émission Complément d’enquête doivent être à leur tour auditionnés par la Commission d’enquête portant sur l’audiovisuel public la semaine prochaine. Ils auront l’occasion de répondre plus amplement aux accusations de la ministre, laquelle nourrit une hostilité vivace à leur égard depuis l’automne dernier.