Très tôt lors de la pandémie de COVID-19 (avril-mai 2020), de nombreuses personnes guéries du virus commencèrent à témoigner sur les réseaux sociaux : elles ne retrouvaient pas leur état habituel après avoir été infectées. Il aura fallu attendre le mois de février 2021 pour que la Haute Autorité de Santé (HAS) publie ses premières recommandations. Destiné à la prise en charge des « Symptômes prolongés de la Covid-19 (dit Covid long) », ce communiqué fut le premier document, en France, à officialiser l’existence de ce syndrome qui provoque chez certains patients, « fatigue, essoufflement ou encore troubles cognitifs », alors que le vaccin n’avait pas encore été généralisé.
Cinq ans après ce premier constat, une étude internationale publiée le 8 janvier 2026 dans la revue PNAS a identifié que le virus laissait derrière lui des résidus « zombies ». Un terme impropre pour désigner des fragments de la protéine Spike (l’arme d’effraction permettant au virus d’entrer dans le corps), des agents rémanents qui entretiennent une inflammation chronique et continuent à détruire les cellules. Même si l’organisme n’est plus l’hôte du virus, certaines personnes n’en guérissent jamais complètement ; n’en déplaise à de nombreux sceptiques qui ont traité les personnes atteintes par ce syndrome comme Argan, personnage principal du Malade imaginaire.
Un poison dont l’organisme ne peut se débarrasser
Lorsque notre système immunitaire s’attaque au SARS-CoV-2, il brise sa protéine Spike en petites chaînes d’acides aminés appelées peptides. Le corps ne peut pas les évacuer ou les recycler comme il le ferait normalement avec d’autres virus, car ces peptides s’assemblent en complexes oligomériques, des molécules actives qui imitent le fonctionnement des toxines naturelles pour s’insérer de force à l’intérieur de nos cellules.
De plus, les chercheurs à l’origine de cette étude ont également découvert que ces débris sont « programmés » pour reconnaître la forme des cellules. Ils tendent ainsi à se regrouper et à s’attaquer là où la membrane cellulaire est la plus courbée et ciblent deux groupes principaux : les cellules dendritiques (les sentinelles du système immunitaire) et les lymphocytes T (les tueuses d’agents pathogènes).
En s’accumulant dans ces zones, ces fragments parviennent à créer des pores dans la membrane de ces cellules, dont le contenu s’échappe jusqu’à provoquer leur destruction (un phénomène nommé lyse membranaire). Cette fuite force l’organisme à produire des cellules immunitaires en continu pour compenser les pertes et affaiblit le système immunitaire, tout en libérant des molécules inflammatoires dans le sang.
Une hypothèse qui expliquerait pourquoi certains patients restent plongés dans une fatigue chronique exténuante ou un brouillard mental. Leur organisme reste en état d’alerte maximale (un état nommé sympathicotonie) et consomme une quantité anormale d’oxygène et de nutriments pour compenser la mort cellulaire prématurée, laissant leurs muscles et leur cerveau complètement épuisés.
Le mécanisme de destruction des cellules immunitaires par le SARS-CoV-2, ici décrypté dans cette infographie. © Capture d’écran / NotebookLM
Selon Santé Publique France, « 2 millions de personnes présentaient une affection post- COVID-19 fin 2022 », un chiffre qui s’élevait à 17 millions aux États-Unis à la fin de l’année 2024. Même si le paysage viral est dominé par la famille Omicron, provoquant 50 % de risque en moins de causer un COVID long par rapport aux anciens variants (Delta/Alpha), cela n’invalide en rien les conclusions de cette étude. Bien que la propagation du virus reste modérée en ce début d’année 2026, ce variant a infecté beaucoup plus de personnes, exposant un plus grand nombre d’individus à ce risque de séquelles chroniques. Dommage qu’il n’existe pas d’étude concernant le nombre de personnes qui craignaient le vaccin comme la peste parmi celles qui ont été affectées par ce syndrome. Les voilà « libres » d’être épuisés et à côté de leurs pompes 24 h/24 : la belle affaire !
- Une étude révèle que des résidus du virus COVID-19 continuent d’endommager les cellules immunitaires même après guérison.
- Ces fragments provoquent une inflammation chronique, entraînant fatigue et troubles cognitifs chez certains patients.
- Environ 2 millions de personnes en France souffrent encore d’affections post-COVID-19, soulignant l’impact durable de la maladie.
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