Combien sont-elles à Marseille à se retrouver un jour à la rue ? Fin 2024, plus de 13% des sans-abri rencontrés pendant la Nuit de la Solidarité étaient des femmes, 3% étaient accompagnées d’un enfant.

Dans les locaux du Secours Catholique (2e) où les équipes locales accueillent et orientent quotidiennement les personnes sans domicile fixe, ces femmes contraintes de dormir dehors, victimes d’une extrême précarité, trouvent un accueil salutaire et réconfortant. Considérées par Robert Christin, bénévole au Secours Catholique, comme « vulnérables » car victimes « dans la majorité des cas de violences », elles peuvent durant quelques heures de la journée, prendre soin d’elles, se reposer et parler. C’est aussi ici qu’elles peuvent évoquer ce sentiment permanent d’insécurité, exposer leurs difficultés pour « obtenir » des places dans des hébergements d’urgence.

Ingrid, quadragénaire d’origine camerounaise parle vite. Sa vie à 100 à l’heure débute à Lyon. Elle baroude dans le monde entier avant de poser sa valise en avril 2025 à Marseille : destination « idéale » dit-elle en souriant car la cité phocéenne bénéficie « de 300 jours de soleil par an ». Alors au RSA, Ingrid déniche un petit logement ava…