De l’avis de tous, il est une personnalité singulière du vestiaire toulonnais. Unique, même. Le genre de garçon qui marque et que l’on retient… Au-delà du joueur qu’il a été et qu’il est encore. « Kyle Sinckler ? Il est très spécial. Il faut le voir pour le croire ! », se marrait récemment son partenaire de la première ligne, Dany Priso Mouangué, sous le regard amusé de la presse.
Depuis son arrivée à l’été 2024, le pilier anglais (69 sélections) étonne et détonne. Sur le terrain, comme en dehors.
« C’est un garçon particulier, reconnaissait le coach Pierre Mignoni. Il est à la fois attachant et surprenant. Il aime être toujours en échange, comprendre les choses… » Et presque ne rien faire comme les autres.
« Kyle ne laisse rien au hasard »
Dans la France ovale, pays où la sortie d’un pilier autour de la 50e minute est presque devenue une tradition à l’échelon professionnel, le barbu de Wandsworth ne cesse de surprendre son monde.
Malgré ses 32 piges et plus de 300 matchs en carrière, lui dépasse régulièrement l’heure de jeu passée sur le pré, quand il n’atteint pas les 70 minutes… ou même le match entier. Ce fut le cas contre Bath, le 14 décembre dernier. Une rareté.
« Je suis dans la meilleure forme de ma carrière », avait-il confié à Var-matin au mois d’octobre. Force est de constater qu’il a joint la parole aux actes.
« C’est un mec très, très professionnel sur son hygiène de vie et sa préparation. Il a vraiment ses codes et ne laisse rien au hasard, expliquait Priso Mouangué. Il sait ce dont il a besoin pour être performant. Donc il faut juste le laisser se gérer. » Ceci explique peut-être cela…
« Il a une culture différente par rapport à celle des piliers d’aujourd’hui, embrayait Mignoni. Lui peut et veut faire 80 minutes. Mais il faut qu’il comprenne aussi que la saison est très longue et qu’il n’a plus 20 ans. Même s’il tient son rang, je dois le manager. Avec mon anglais moyen et son français moyen, on arrive toujours à se comprendre. (sourire) »
Débarqué en conférence de presse juste avant l’entraîneur en amont du match contre Gloucester, l’ancien Lion britannique n’avait pourtant pas manqué de donner son avis : « Moi, je préfère jouer plus longtemps que la normale pendant les matchs. Ces dernières années, on a pris l’habitude de remplacer les piliers après 40 ou 50 minutes. C’est bien que Pierre m’ait montré sa confiance en me gardant sur le terrain. »
« Il va finir président du club ! »
« J’ai bien compris le message, en souriait “Mignon”. Je crois d’ailleurs qu’il va finir président du club ! » Vraiment ?
« Ce que j’aime bien chez lui, détaillait l’entraîneur, c’est qu’il a toujours du répondant pour donner des choses positives à l’équipe. Quand je dis qu’il sera président un jour, je veux dire qu’il sera peut-être manager. Je le vois endosser un rôle au sein d’un club. Il sera capable d’être dans le circuit du rugby. »
Mais, avant de penser à l’après, le droitier à encore beaucoup à donner. Avec, toujours, le « plaisir de jouer » : « Je pense être en bonne forme physiquement. Lors de ma première saison, j’avais bien débuté avant de me casser le bras. Là, je me sens de nouveau très bien. J’ai la sensation de m’être amélioré match après match. »
Décidément, avec Sinckler, plus c’est long, plus c’est bon.
Toujours au RCT la saison prochaine
Il y a quelques semaines, lors du déplacement de Toulon à Gloucester, en terre anglaise, un journaliste britannique n’avait pu s’empêcher de poser la question.
« Kyle Sinckler… Il va être un joueur toulonnais la saison prochaine ? Il va rester ? », avait-il lancé, après le match et dans un français très correct, à l’entraîneur adjoint du RCT, Andrea Masi.
« Bien sûr. Il est sous contrat », lui avait alors répondu le technicien italien… Avant d’être relancé : « Mais il n’y a pas de chance [de le voir partir] ? Pas d’opportunité ? »
Preuve que le sujet agitait bel et bien les observateurs outre-Manche.
En décembre dernier, le Daily Mail expliquait en effet que le droitier britannique pourrait être tenté par un retour au pays anticipé, en vue du Mondial australien de 2027.
Évoluant toujours à un très bon niveau, Sinckler aurait alors la possibilité d’être de nouveau appelé dans le groupe anglais.
De quoi faire craindre le pire sur la rade, où l’on aurait alors bien du mal à le remplacer.
Mais, en ce mois de janvier, la fumée a été balayée par Pierre Mignoni, le coach du club au muguet.
Devant les journalistes, il a assuré : « Pas du tout. C’est très clair avec lui. On a eu des discussions par rapport à ça. Il vous en a parlé ou pas ? Non ? Donc, il n’y a pas de débat. Il reste là. En tout cas pour la saison prochaine. » Voilà qui est clarifié.