Il y a des engins qui se conduisent. Et puis il y a ceux qui s’imposent, physiquement, dès qu’on grimpe à bord. La RAM Power Wagon 2027, c’est exactement ça : une pick-up qui ressemble davantage à un outil industriel qu’à un SUV « baroudeur » de centre-ville. Sous le capot, pas de demi-mesure avec un diesel 6,7 l signé Cummins, fort de 430 ch et surtout 1 458 Nm. Oui, on parle bien d’un couple de camion.

Sur notre marché, on a pris l’habitude de qualifier de « gros » un Toyota Hilux ou un Ford Ranger. Sauf qu’ici, on change de planète. La base technique vient de la RAM 2500, avec une vocation claire : transporter lourd, tracter très lourd, et continuer d’avancer quand la piste devient un champ de mines. Face à ce genre de programme, les pick-up européennes paraissent soudain très sages, presque policées.

Reste une question, et elle vaut tout l’article : à quoi ressemble, au quotidien comme en franchissement, une machine de 6,07 m de long, capable d’embarquer 1 361 kg dans sa benne et de tirer jusqu’à 9,1 t ? On s’attend à un pachyderme maladroit. La bonne surprise, c’est que la Power Wagon a été pensée pour sortir du bitume sans s’excuser.

RAM Power Wagon 2027 pick-up off-road diesel 6,7 l 430 ch 1458 Nm locomotive 4x4La RAM Power Wagon 2027 revendique le rôle de « locomotive du 4×4 » avec son diesel 6,7 l et son couple monumental © RAM
Une architecture de « gros porteur » assumée

La RAM Power Wagon 2027 ne cherche pas à faire oublier sa carrure. Avec ses 6,07 m, on ne parle plus de gabarit « encombrant », mais d’un véhicule qui dicte ses règles au parking comme sur une petite départementale. En manœuvre, il faut anticiper, prendre large, accepter l’idée que la ville n’a pas été dessinée pour elle. Rien de rédhibitoire pour qui sait pourquoi il signe, mais disons-le : ce format, on le choisit, on ne le subit pas.

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En échange, la fiche « utilitaire » met tout le monde d’accord. La benne accepte jusqu’à 1 361 kg de charge utile, et la capacité de remorquage grimpe à 9,1 tonnes. Autant dire que le van, la remorque porte-engin, le bateau ou la mini-pelle ne lui font pas peur. On touche du doigt la philosophie nord-américaine : la pick-up comme outil de travail total, pas comme accessoire de style.

Et puis il y a ce détail qui change tout pour les amateurs de chemins cassants : la Power Wagon ne se contente pas d’être « haute sur pattes ». Elle annonce une garde au sol de 33,5 cm et des pneus de 34 pouces. Sur une piste défoncée, ce combo gomme une partie du stress, celui qui vous fait lever le pied pour ménager les bas de caisse. Là, on se surprend plutôt à regarder plus loin, à choisir sa trajectoire avec calme, comme si le terrain devenait moins méchant.

Évidemment, ce genre de gabarit et de capacités a un revers sur nos routes : l’encombrement, la masse, et tout ce qui va avec en coûts d’usage. Les données de malus ne sont pas précisées ici, mais sur un engin de ce calibre, mieux vaut s’attendre à une fiscalité et une homologation qui peuvent vite se compliquer selon les configurations. Pour autant, le véhicule vise d’abord ceux qui ont un vrai besoin de traction et de charge, pas ceux qui veulent juste « faire américain » devant l’école.

RAM Power Wagon 2027 face avant pare-chocs off-road pneus 34 pouces garde au sol 33,5 cmAvec 33,5 cm de garde au sol et une proue pensée pour le franchissement, la Power Wagon annonce la couleur © RAM
Le diesel Cummins 6,7 l met tout le monde d’accord

Sous le capot de la RAM Power Wagon 2027, le morceau de bravoure porte un nom connu des initiés : Cummins. On parle d’un 6-cylindres en ligne turbodiesel de 6,7 litres, calibré pour encaisser du dur, longtemps, sans broncher. La puissance atteint 430 ch à 2 800 tr/min. Le chiffre impressionne, mais l’essentiel se joue ailleurs : le couple.

Avec 1 458 Nm disponibles dès 1 800 tr/min, la sensation attendue n’a rien d’une montée en régime sportive. Au volant, on imagine très bien ce que ça donne : une poussée pleine, immédiate, qui vous fait oublier la charge au crochet. Là où beaucoup de pick-up « moyens » demandent de la marge et de l’élan, la Power Wagon se contente d’un filet de gaz, comme si la remorque faisait partie de l’ensemble. Franchement, pour tracter, difficile de rêver mieux.

La transmission suit la logique du programme : une boîte automatique à convertisseur 8 rapports. Pas de gadget, pas de double embrayage nerveux, mais une solution robuste, faite pour encaisser les manœuvres au couple et les longues montées en charge. Le réservoir de 117 litres annonce une autonomie proche des 1 000 km. Sur ce type d’engin, l’autonomie compte presque autant que la puissance : on part loin, on travaille loin, et on n’a pas envie de chercher une station tous les 300 km.

Sur nos routes, un diesel de cette cylindrée fait forcément lever un sourcil: normes, accès à certaines zones, usage au quotidien. La Power Wagon s’adresse davantage à ceux qui vivent avec de l’espace, des trajets adaptés, et un besoin réel de traction. Pour les autres, la tentation restera celle du fantasme. Sauf que le fantasme, ici, repose sur une mécanique cohérente, pas sur un chiffre de puissance collé sur une brochure.

RAM Power Wagon 2027 benne charge utile 1361 kg remorquage 9,1 tDerrière, la benne et l’attelage rappellent la vocation première : charger 1 361 kg et tracter jusqu’à 9,1 t © RAM
De vraies armes de franchissement, pas un décor

Le plus savoureux avec la RAM Power Wagon 2027, c’est qu’elle ne se contente pas de « pouvoir » sortir du bitume. Elle en a l’arsenal. Transmission intégrale enclenchable, boîte de transfert avec réducteur, et surtout blocage de différentiel avant et blocage de différentiel arrière. Sur un passage croisé ou une montée grasse, ces éléments ne relèvent pas du folklore : ils font la différence entre avancer et creuser.

Les angles annoncés donnent une bonne idée du sérieux de la préparation. On compte un angle d’attaque de 26,1°, un angle ventral de 20,6° et un angle de fuite de 26°. Sur un engin aussi long, obtenir un angle ventral correct reste un vrai sujet. Ici, on ne parle pas d’un petit 4×4 court qui se faufile, mais d’un mastodonte qui doit éviter de « poser le ventre » au premier dos d’âne version piste.

Au volant, on imagine une conduite très différente d’un 4×4 léger. On ne joue pas à placer l’auto au millimètre, on travaille davantage avec l’inertie, le couple, et la lecture du terrain. Les pneus de 34 pouces aident à passer là où une monte plus raisonnable taperait dans les pierres. Le tout, associé à la garde au sol de 33,5 cm, donne ce sentiment rare : on peut attaquer un chemin dégradé sans se demander toutes les dix secondes ce qui frotte sous le châssis.

Face aux pick-up plus « européennes » comme un Isuzu D-Max ou un Mitsubishi L200, la Power Wagon joue une autre partie. Les modèles plus compacts gardent pour eux la facilité d’usage, la largeur plus raisonnable, et une intégration plus simple dans nos contraintes. La RAM, elle, répond à une logique d’outil extrême : quand la mission consiste à tracter très lourd et à continuer hors route, elle a un avantage structurel, presque injuste.

RAM Power Wagon 2027 habitacle pick-up grand format commande 4x4 boîte auto 8 rapportsÀ bord, on attend du confort, mais surtout des commandes claires pour exploiter la transmission 4×4 et la boîte auto 8 rapports © RAM
En France, un rêve d’importateur plus qu’un achat simple

La RAM Power Wagon 2027 n’est pas un modèle distribué officiellement chez nous, et ça change tout. L’accès passe généralement par l’importation, avec les subtilités d’homologation, de fiscalité, d’assurance et parfois d’adaptation. On ne signe pas pour ce genre de pick-up comme on commande un SUV en concession, et il faut garder la tête froide sur les délais et les coûts annexes.

Côté tarif, les repères disponibles chez nous placent la Power Wagon autour de 69 100 € en point de départ pour un modèle récent, faute de tarif millésime 2026 précisément établi. Ce chiffre a le mérite de poser le décor : on reste dans la zone des gros pick-up américains, avec une approche plus « machine » que « véhicule plaisir ». À ce niveau, l’acheteur compare moins une finition qu’un usage, un besoin, une capacité réelle à tracter et à encaisser.

Cummins diesel 6,7 l 6 cylindres en ligne 430 ch 1458 Nm réservoir 117 lLe Cummins 6,7 l, 430 ch et 1 458 Nm, donne à la Power Wagon ce tempérament d’outil infatigable © RAM
Les versions et repères de prix observés :

Modèle / version
Énergie
Repère tarifaire
Statut de distribution
RAM Power Wagon (repère marché) Diesel 88 470 $ (à partir de) Tarif US : Importation / non distribué officiellement

Dans la vraie vie, l’intérêt de cette Power Wagon se résume à une promesse très simple : tracter lourd sans transpirer, et aller chercher le chantier, la ferme ou le terrain isolé sans prier pour que la piste reste sèche. La charge utile de 1 361 kg et le remorquage de 9,1 t ne servent pas à frimer, ils servent à travailler. Et quand on ajoute le couple de 1 458 Nm, on comprend pourquoi l’image de « locomotive du 4×4 » colle si bien.

Pour qui vit en périphérie, dispose de place, et a un besoin concret de traction, la Power Wagon a quelque chose de terriblement séduisant. Elle ne cherche pas à plaire à tout le monde, et tant mieux. Une fois qu’on a goûté à ce niveau de couple, de garde au sol et de vraie transmission tout-terrain, le retour à des pick-up plus sages risque de sembler bien fade.