Pour les patients à haut risque cardiovasculaire, deux
médicaments oraux expérimentaux, l’enlicitid et
l’obicetrapib, pourraient bientôt bouleverser le
traitement de l’excès de cholestérol. Alors que des millions de
personnes ne parviennent toujours pas à atteindre des niveaux
LDL acceptables malgré un suivi médical strict,
ces molécules ouvrent de nouvelles perspectives. Et pour cause,
l’enlicitid a été testée dans le cadre d’un essai clinique
international portant sur près de 3 000 patients
souffrant d’athérosclérose ou exposés à des
facteurs de risque. Selon une étude parue dans le New England
Journal of Medicine et relayée par Euronews, le
médicament a permis une réduction moyenne de 60 %
du cholestérol LDL après 24 semaines. « Moins de la moitié des
patients atteints d’une maladie cardiovasculaire athéroscléreuse
avérée atteignent actuellement les objectifs fixés pour le
cholestérol LDL », souligne Ann Marie Navar,
cardiologue et chercheuse principale au centre médical UT
Southwestern.
Des résultats spectaculaires sur les lipides sanguins
En plus de faire chuter le cholestérol LDL,
l’enlictid a également démontré une efficacité
notable sur d »autres marqueurs lipidiques comme la
lipoprotéine(a), l’apolipoprotéine
B et les lipoprotéines non-HDL. Ces
biomarqueurs sont tous impliqués dans le développement de maladies
cardiovasculaires graves. « Ces diminutions du cholestérol LDL
sont, et de loin, les plus importantes que nous ayons jamais
obtenues avec un médicament oral depuis la mise au point des
statines », précise Navar. Les résultats obtenus ont été
maintenus sur une durée d’un an, ce qui renforce la crédibilité de
ce nouveau traitement.
L’obicetrapib, une autre piste prometteuse
Dans une autre étude menée sur plus de 2 500
patients, l’obicetrapib a permis de
réduire le LDL de 32,6 % en moyenne. En effet, son
efficacité s’étend aussi à la lipoprotéine(a), réduite de
33,5 %. Cette double action est considérée comme
inédite. Actuellement, aucun traitement oral approuvé ne cible
efficacement cette molécule fortement corrélée au
risque d’infarctus et d’AVC. Ces résultats confirment l’intérêt
d’une nouvelle classe thérapeutique pour les patients en échec ou
intolérants aux statines.
Une combinaison encore plus performante
En revanche, un deuxième essai a évalué l’effet d’une
combinaison fixe d’obicetrapib et
d’ézétimibe, un autre hypolipémiant. Réalisée dans
48 centres aux États-Unis, cette étude a montré une réduction de
48,6 % du cholestérol LDL, contre 31,9
% pour l’obicetrapib seul, selon le magazine Futura.
Autrement dit, la bithérapie semble bien tolérée, avec un taux
d’effets indésirables comparable à celui des deux traitements pris
séparément. Pour les chercheurs, cette association pourrait devenir
une nouvelle norme thérapeutique pour les profils les plus
complexes.
Un espoir encore à confirmer
Effectivement, les données sont encourageantes, mais les
chercheurs restent prudents. Les deux essais ont surtout mesuré
l’effet sur les taux sanguins, et non directement sur les infarctus
ou AVC. Des études supplémentaires seront nécessaires pour établir
un bénéfice clinique à long terme. En attendant, la FDA a délivré à
l’enlicitid un « National Priority Voucher« ,
dispositif visant à accélérer l’évaluation réglementaire. En outre,
une étape importante pour ces traitements appelés à transformer la
prise en charge des maladies cardiovasculaires.