Les électeurs japonais élisent, dimanche, leurs 465 députés lors de législatives anticipées.

Publié le 08/02/2026 09:28

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La Première ministre conservatrice, Sanae Takaichi, à Tokyo, le 7 février 2026. (PHILIP FONG / AFP)

La Première ministre conservatrice, Sanae Takaichi, à Tokyo, le 7 février 2026. (PHILIP FONG / AFP)

Après une dissolution surprise et une bataille électorale express de 16 jours, la plus courte sous l’actuelle constitution, les électeurs japonais élisent, dimanche 8 février, leurs 465 députés. La Première ministre Sanae Takaichi, qui agite le sentiment national en glorifiant le Japon, son drapeau, ses valeurs, jouit d’une popularité exceptionnelle. La ferveur populaire était très visible durant la campagne.

Une cinquantaine de déplacements et autant de brefs discours : c’est à chaque fois une marée humaine qui acclame partout la Première ministre Sanae Takaichi. Et dans la foule, ces deux électeurs sexagénaires : « Elle a du charisme, elle est attirante, elle présente bien et ce qu’elle dit est convaincant », dit l’un. « Je la suivais sur le réseau X et je l’ai trouvée extra, je me suis dit c’est elle qu’il nous faut. Il n’y a que le Parti libéral démocrate emmené par Sanae Takaichi qui puisse sauver le Japon », estime l’autre.

Elle promet un Japon fort et prospère et cela plaît : « On veut que nos vies soient meilleures, c’est ce que tout le monde pense ». Les deux expliquent qu’ils n’aiment pas ceux qui s’opposent par idéologie, qu’il vaut mieux donner une large majorité au parti au pouvoir pour que les réformes avancent plus vite : « En obtenant la majorité, eh bien ce qu’elle veut faire, elle va pouvoir le réaliser. C’est pour cela que je soutiens son parti. » N’y a-t-il pas un risque qu’elle aille trop loin ? « Non, car ce sont des gens intelligents. »

« Autour de moi on le dit aussi, elle est géniale Takaichi. Le prix de l’essence a baissé, nos revenus vont augmenter. »

Un électeur

à franceinfo

Jeune femme pas vraiment éprise de politique, Tomoko est aussi conquise : « J’ai déjà voté pour le PLD dans le passé, mais sans vraiment m’intéresser à la politique. Je ne réfléchissais pas trop. Mais grâce à elle je soutiens activement ce parti. »

Comment expliquer cette popularité inédite pour la Première ministre nationaliste qui certes met en avant l’économie mais ambitionne aussi de réformer la constitution pacifiste ? Nana Takamatsu est spécialiste de sociologie politique : « La société japonaise est tellement conçue pour les hommes. Le simple fait qu’une femme soit devenue Première ministre réjouit énormément de monde. Maintenant qu’elle est à la tête du pays, les hommes ne lui disent plus de se taire et rien que ce constat fait du bien. »

Des jeunes femmes veulent le même sac à main ou stylo que Sanae Takaichi. Pour ses fans, tout ce qu’elle fait est irréprochable, y compris le fait d’avoir gravement détérioré les relations avec la Chine ou de vanter les mérites d’un yen faible. Ils se réjouissent aussi que Donald Trump se soit immiscé dans la campagne électorale japonaise, via les réseaux sociaux, pour soutenir activement la Première ministre.

Le parti de Sanae Takaichi est donné depuis le départ grand favori pour emporter une majorité, mais l’inconnue restait dimanche le taux de participation, notamment en raison d’un enneigement important et de conditions météorologiques exécrables dans une large partie du pays.