Ils tentaient de fuir vers le sud de l’Europe pour échapper à leur arrestation. Deux hommes mêlés au kidnapping violent sur fond de cryptomonnaies, dans la nuit de mercredi à jeudi 5 février, d’une magistrate de la cour d’appel de Grenoble et de sa mère, ont été stoppés net dans la nuit ce dimanche 8 février par les policiers de la BRI de Lyon et de la BRI nationale, d’après des informations de RTL confirmées de sources concordantes puis par le parquet de Lyon.
Trois autres suspects ont été appréhendés ce dimanche matin dans la région Rhône-Alpes. L’opération, pilotée par la Juridiction interrégionale de Lyon, et exécutée par les police judiciaire lyonnaise, iséroise, et l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO), n’a pas fait de blessé.
Il s’agit, d’après une source proche de l’enquête, des « exécutants », aux profils de petits délinquants recrutés sur les réseaux sociaux, des « jobbers » comme les nomme désormais la PJ. Parmi eux, les membres du commando qui ont directement participé au rapt ainsi que des « logisticiens » chargés de fournir au commando voiture, téléphone ou argent. Le ou les commanditaires de l’enlèvement doivent encore être identifiés.
Les cinq suspects, quatre hommes et une femme d’après le procureur de Lyon, ont été placés en garde à vue pour arrestation, enlèvement et séquestration en bande organisée. Leur garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures.
Un rapt lié aux cryptomonnaies
Le rapt a eu lieu jeudi 5 février vers 3h30 du matin au domicile de la magistrate et de son compagnon, un entrepreneur actif dans le secteur des cryptomonnaies depuis 2010. Plusieurs malfaiteurs cagoulés, a priori trois d’après nos informations, ont surgi dans la maison de Saint-Martin-le-Vinou (Isère). En l’absence du compagnon, ils ont fait monter de force la juge âgée de 35 ans dans le coffre d’une voiture, ainsi que sa mère, présente au domicile cette nuit-là. La magistrate n’était pas visée es-qualité d’après les premiers éléments de l’enquête.
Dès le lendemain matin, des vidéos de chantage, avec menaces de mutilation des deux femmes, ont été envoyées à l’entrepreneur, sommé de verser une rançon de plus d’un million d’euros, a relaté vendredi le procureur de Lyon Thierry Dran. Ce qui a déclenché la mobilisation générale des forces de l’ordre. Les deux victimes, séquestrées dans un box pour voitures à Bourg-lès-Valence, ont heureusement réussi à se défaire de leurs liens et à tambouriner sur la porte, ce qui a alerté un voisin qui les a libérées vendredi matin.
À écouter
David Balland : derrière son kidnapping, le phénomène des « crypto-braqueurs » (3/6)
La magistrate présentait « plusieurs plaies à la tête », selon le procureur de Lyon, témoignage de l’ultraviolence de ces gangs spécialisés dans les enlèvements « cryptos » qui se multiplient ces dernières semaines. D’après les informations de RTL, une partie de ces enlèvements est liée à des fuites de données sur des plateformes dédiées aux cryptomonnaies et plus particulièrement au piratage de l’une d’elle, Waltio, cet automne.
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