Elle réunit en moyenne plus de 5 millions de téléspectateurs à chacun de ses JT. Anne-Claire Coudray est depuis plus de 10 ans le visage de l’info du week-end sur TF1. Présente à Marseille pour les Rencontres de l’info, organisée par TF1 en partenariat avec le CLEMI et La Provence, sur la thématique des magazines, ce mardi 10 février, Anne-Claire Coudray nous a accordé un entretien avant de rencontrer nos lecteurs en compagnie d’Harry Roselmack.
En quoi consistent ces Rencontres de l’info ?
Depuis des années, TF1 et le CLEMI sont très engagés sur la sensibilisation des jeunes générations au fait de s’informer et de bien s’informer. Ce n‘est pas forcément regarder TF1 (rires). C’est choisir en connaissance de cause quels médias vous allez consulter tous les jours.
C’est important pour vous de transmettre cette culture de l’info aux plus jeunes ?
On a le sentiment d’avoir une mission de service public à remplir. Ces nouvelles générations sont plongées dans une société qui a une suroffre informationnelle vertigineuse. Dans ce contexte, c’est compliqué de choisir : il faut être encore plus éclairé qu’à notre époque, savoir qui vous parle. C’est important de montrer et d’expliquer comment un journaliste professionnel est moins dangereux qu’un influenceur ou de quelqu’un pétri d’idéologie qui n’aura qu’un message à faire passer.
C’est presque une mission pour l’éducation nationale…
Bien sûr, dans les écoles il faut cet apprentissage. J’ai participé à des ateliers dans des classes de CM2, je le fais quand je peux dans les collèges. Aider l’écolier à chercher l’information, à la vérifier, à la hiérarchiser, à la traduire pour que les autres puissent la comprendre. On se rend compte que ces jeunes vivent dans un monde où on les mitraille d’informations qui ne sont pas toujours vraies, c’est vertigineux.
En quoi le format du « magazine » est-il différent de l’information classique ?
C’est une différence de traitement. À TF1, on a choisi plus le reportage que le débat. Je crois en ce vecteur d’information car il permet d’emmener le téléspectateur avec vous. De donner plus d’information par l’image, l’émotion, la tonalité. Le reportage est le meilleur outil pour se rapprocher de la matière. C’est le moins manipulable à mon sens.
Vous êtes parfois critiquée après une interview politique. Comment le vivez-vous ?
Bien (rires). La personne qu’on reçoit est marquée politiquement. Ses opposants vont dire que vous avez été trop gentille, ses sympathisants trop dure. En quelque sorte, ça signifie que vous avez bien travaillé. On a tous une sensibilité, des préférences politiques. Mais lors des émissions des élections, c’est un enthousiasme professionnel de voir ce que les résultats signifient, ce que veulent les Français. Pas que mon champion ait gagné ou pas. Je suis très à l’aise avec ce genre d’interview.
Laurent Delahousse en a parlé lors de son audition à l’Assemblée. Suivez-vous ces débats ?
De loin. On a en frontal deux JT de qualité en comparaison d’autres pays. En ce qui concerne l’indépendance du service public, je peux seulement dire qu’on a la même rigueur pour poser les bonnes questions et fournir une information de qualité aux gens. C’est ce que j’ai pu constater.
Quel est votre meilleur souvenir sur le plateau du JT ?
L’interview avec Stromae est à part. Dans la forme c’était inédit, dans la sincérité du moment c’était exceptionnel.
Côté reportage, c’est celui récemment tourné en Russie. Je n’ai pas reconnu le pays. On a l’impression d’avoir basculé dans une autre dimension, avec une réalité alternative qui nie votre réalité. Je n’avais jamais vécu quelque chose d’aussi troublant et déstabilisant.
Vous êtes à Marseille mardi. Connaissez-vous la ville, la région ?
Mon Marseille, c’est la découverte des calanques. Je ne savais pas qu’un lieu aussi beau existait en France ! J’aime ma Bretagne, mais j’avais l’impression d’être au bout du monde à Marseille. C’est une ville où on est vite totalement ailleurs. Marseille est haut en couleur. Elle a des problématiques gigantesques, mais c’est une ville qui fascine.