Le Premier secrétaire du Parti socialiste a critiqué dimanche sur France 3 la décision du ministère de l’Intérieur d’attribuer à La France insoumise la nuance d’extrême gauche pour les élections municipales. Il a dénoncé une volonté de « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale ».

Publié le 08/02/2026 14:41

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Olivier Faure, patron du PS, sur le plateau de "Dimanche en politique", sur France 3, le 8 février 2026. (France Télévisions)

Olivier Faure, patron du PS, sur le plateau de « Dimanche en politique », sur France 3, le 8 février 2026. (France Télévisions)

Un soutien à gauche pour les insoumis. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a estimé dimanche 8 février sur France 3 qu’il n’était « pas juste », notamment politiquement, de classer La France insoumise à l' »extrême gauche », comme l’a fait le ministère de l’Intérieur dans une circulaire publiée le 2 février sur l’attribution des nuances politiques pour les élections municipales des 15 et 22 mars. C’est la première fois que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est etiqueté de la sorte par les services de l’Etat. Invité de l’émission Dimanche en Politique, le patron du PS a attaqué ceux qui « cherchent à dédiaboliser l’extrême droite » pour « transmettre le mistigri à la gauche radicale ».

« Je ne sais pas si c’est un problème, y compris pour LFI, mais je ne trouve pas ça juste », a développé Olivier Faure. « Le Conseil d’Etat a déjà tranché cette question et LFI est un parti de la gauche radicale. C’est un parti qui s’inscrit dans un parcours (…) électoral, démocratique, et on ne peut pas les classer à l’extrême gauche », a poursuivi le député de Seine-et-Marne, avant d’ajouter : « Je ne pense pas que ça change grand chose au résultat ».

« Certains cherchent à dédiaboliser l’extrême droite, transmettre le mistigri à la gauche radicale », a ajouté Olivier Faure, dénonçant une volonté de « réintégrer dans l’arc républicain l’extrême droite pour mieux en exclure la gauche radicale ». Mais pour Sébastien Chenu, vice-président du RN, La France insoumise « répond aux critères de ce qu’est l’extrême gauche » : « un parti violent, un parti anticapitaliste », a-t-il développé dimanche dans l’émission Le Grand Jury sur RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6, tout en répétant que son parti n’était pas favorable à ce genre de classement.

La circulaire parue cette semaine place LFI dans le bloc « extrême gauche », comme Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste. « Il existe une extrême gauche en France et elle se revendique comme telle. Elle considère les élections comme une tribune et non pas comme un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise », a souligné auprès de l’AFP Manuel Bompard coordinateur de LFI, ajoutant qu’un recours devant le Conseil d’Etat est étudié par le parti.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a souligné jeudi soir assumer « totalement » sa décision. « Chez La France insoumise il y a un refus de la discussion parlementaire, des appels systématiques à la censure, on refuse d’aller voir le gouvernement pour des réunions de travail », a-t-il argué.