Décédé le 5 février, à l’âge de 93 ans, Fernand Tognet a marqué son passage en terre mauriennaise que ce soit au niveau professionnel, sportif ou littéraire.

Dans la préface de son livre Savoyard, un peu, beaucoup, passionnément , Louis Besson, ministre de Michel Rocard (1989-1991), soulignait “la force de caractère et l’autorité naturelle” d’un sportif au palmarès remarquable, d’un responsable d’associations, d’un président fondateur d’un club de tennis, de l’Union athlétique de Maurienne et du comité de Savoie d’haltérophilie. À son efficacité dans chacune de ses responsabilités, il ajoutait un sens des relations humaines appréciées de tous. Fier sans exubérance, fidèle sans conservations, déterminé sans prétention.

Dans son livre sur la saga des Gaille, il jetait un regard plein de bon sens et de pertinence sur l’évolution des générations. À partir du vécu d’une famille, la sienne, il a fait découvrir la vie de plusieurs villages mauriennais. Il en ressort une ode à la Savoie, à ses cimes éternellement belles, à l’âpreté de la vie ancestrale des montagnards.

Les descendants de Fernand Tognet vivaient à Sainte-Marie-de-Cuines depuis des lustres. Survivants tant la vie de laboureurs était dure.

Un sportif accompli

La famille s’installe à Saint-Étienne-de-Cuines, où Félix, son père, crée une entreprise de bâtiment et travaux publics. Fils unique, Fernand Tognet lui succédera et construira près de 300 maisons d’habitation.

Maire adjoint de 1965 à 1977, sous le mandat de Félix Traversaz, il poursuit en parallèle ses occupations dans cinq sports différents : football, tennis de table, athlétisme, haltérophilie, boules. Il participe à sept championnats de France de sport boules, « sans jamais atteindre les phases finales », rappelait-il souvent.

Reconnu par ses qualités d’athlète et de dirigeant, il est médaillé d’or de la Jeunesse et des Sports en 1995 pour 50 ans de licence sportive, 40 ans de présidences diverses, 30 titres de champion de Savoie et Haute-Savoie.

Poète en ses heures de méditation, il a écrit Rêves de papillon  : “Il fait fi du malheur, puisque tout est beauté. Voltige dans l’amour et son éternité. Le bienheureux ignore ce qu’est la pollution. Que le rêve s’enfuit pour le beau papillon.”

La cérémonie d’adieu aura lieu jeudi 12 février à Sainte-Étienne-de-Cuines. Fernand Tognet rejoindra Danièle son épouse, disparue le 21 juillet 2021.