Le conseil national du Parti socialiste s’est penché ce dimanche 8 février 2026 sur le sujet des élections municipales à Perpignan et a finalement voté pour donner son investiture à l’équipe menée par Agnès Langevine et Annabelle Brunet face à son militant Mathias Blanc. Lequel était prié de rentrer dans le rang de l’union entre les deux listes.

À cinq semaines tout juste du premier tour des élections municipales, nouveau revirement de situation pour le candidat Mathias Blanc, chef de file du mouvement Perpignan Autrement (union de divers partis et associations de gauche).

Le 29 janvier, le conseil fédéral du Parti socialiste des Pyrénées-Orientales a voté à 33 voix contre 6 pour lui apporter son soutien face à Agnès Langevine, cadre de Place publique (dont les militants s’étaient aussi positionnés en faveur de Mathias Blanc en juillet). Chacun continuant à appeler l’autre à le rallier. Carole Delga, présidente de la Région, tonnant qu’elle ne cautionnerait pas une désunion de ces deux listes de gauche dans un fief RN et les hautes instances du PS ne prenant toujours pas d’arbitrage, liées par leur « alliance » nationale avec Place publique.

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« Maintenant les choses sont claires », affirmait pourtant Mathias Blanc, soulagé. Visiblement pas tant que ça…

Dès le lendemain de la décision départementale, un de ses colistiers, Frédéric Monteil, un cadre local du PS et directeur de cabinet de la présidente du Département Hermeline Malherbe, se retirait de l’équipe Blanc, en profond désaccord « avec la stratégie du refus de l’union ». Avant de ranger derrière le binôme formé par Agnès Langevine et Annabelle Brunet.

« On ne peut pas se permettre le luxe de la désunion »

Jusqu’à ce que les cadres nationaux du Parti socialiste se penchent (enfin) sur « le dossier » perpignanais ce dimanche. Le conseil national du PS s’est réuni pour valider les investitures dans toutes les villes de France de plus de 20 000 habitants. À l’unanimité, il a finalement voté, à contre-courant de la section catalane, le retrait de l’investiture à Mathias Blanc et de la donner à la candidature Place publique et à la liste Langevine-Brunet. Le socialiste se retrouve donc sans « l’étiquette » de son propre parti.

« Ce choix est fait parce qu’à Perpignan, on ne peut pas se permettre le luxe de la désunion face au RN et à l’état de la ville et qu’il faut s’unir pour réparer Perpignan. Il y a des statuts au PS et quand on adhère c’est pour les respecter », précise Frédéric Monteil.

Dès jeudi, il aurait été demandé à Mathias Blanc de retirer de lui-même sa candidature pour rejoindre les rangs de l’union. Ce qu’il aurait refusé. Contacté ce dimanche, il n’a pas donné suite pour l’heure à nos sollicitations.