Une finale à sens unique, ou presque, ce dimanche à, Montpellier. Souverain sur ses jeux de service, le Canadien n’a laissé aucune ouverture ni aucune chance au Français, lequel semble retrouver à 37 ans une deuxième jeunesse.

Adrian Mannarino venait à peine de disputer – et perdre – le premier point du match, quand, des tribunes, gicla à la déconnade un « Allez Adrian, c’est pas fini ! ». Ça aurait pu être prémonitoire. Il est certain que « Manna » aurait bien aimé étirer la rencontre le plus longtemps possible, s’il avait été capable de s’imposer dans le tie-break du deuxième set, sa seule chance d’ébrécher la supériorité de Félix Auger-Aliassime dans cette finale.

Mais en dépit d’un niveau de jeu allant crescendo, le chouchou du public n’a trouvé aucune ouverture. Battu sans contestation 6-3, 7-6 [4], il n’a, au bout du compte, aucun regret à nourrir, à l’image des deux jeux blancs encaissés d’entrée. « Je suis tout de suite sous pression sur mon service, je me fais breaker. À partir de là, quand il prend confiance, surtout dans des conditions indoors, il joue excessivement bien », s’est incliné Mannarino (5 titres), qui disputait sa 16e finale, la première dans l’Hexagone.

Service compris

Car s’il y avait un seul domaine où le Français (N.70) pouvait se prévaloir d’un avantage sur son adversaire au regard des statistiques de la semaine, c’était sur le nombre de balles de break converties (42 % contre 32 %). Malheureusement pour lui, il n’en a eu aucune à exploiter. Le scénario de la rencontre fut tel que le Canadien, souverain au service, puisa tout du long sa confiance sur ses jeux d’engagement, confirmant du même coup son statut de grandissime favori.

Les deux rivaux semblaient raccord sur l’analyse. « Mon service est un bon point. Il y a quelques années, je mettais moins l’accent dessus. Je saisis maintenant que j’ai tout pour être un très bon serveur », s’est fendu Auger-Aliassime quand, de son côté, Mannarino espérait « qu’à un moment donné il y ait une petite brèche qui s’ouvre sur son service, mais il a été irréprochable, du coup, il n’y avait pas grand-chose à dire ». Ni à faire, malgré le soutien inconditionnel du public, qui a encore battu son record avec 64 000 spectateurs présents toute la semaine (contre 60 000 l’an dernier).

Sans limite

Avec « Manna », rien n’est pourtant jamais fini. Un vrai diesel, plus le match dure, plus il trouve son rythme et offre son meilleur tennis. Auteur d’un parcours renversant cette semaine à Montpellier, qui le vit successivement écarter Martinez, Humbert, Gea et Damm, le vétéran du clan français, 37 ans, a fini par abdiquer, ce dimanche, face au seigneur des lieux. « Sûr que lorsqu’on a de bons résultats et qu’on prend du plaisir sur le court, ça donne envie de continuer année après année », s’est-il autorisé.

En face, Félix Auger-Aliassime (25 ans), N.8 mondial, ne se fixe lui non plus aucune limite. « J’ai gagné plusieurs titres en ATP 250, quelques-uns en 500, je n’ai toujours pas gagné de Masters 1000 ni de Grand Chelem, donc dans la progression de ma carrière, j’espère gagner ces titres-là aussi. » Acclamé par la foule, il pouvait soulever le trophée pour la deuxième fois consécutive, sourire reconnaissant s’ouvrant sur les dents du bonheur.