L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié le 4 février un article sur son média « Canal Détox » pour démentir les idées reçues sur les peptides. (Photo d’illustration)

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L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié le 4 février un article sur son média « Canal Détox » pour démentir les idées reçues sur les peptides. (Photo d’illustration)

EN BREF L’Inserm alerte sur les peptides, vantés pour des effets anti-âge et musculaires, mais inefficaces et potentiellement dangereux pour la santé.
Les peptides peuvent causer des effets indésirables, tels que l’augmentation de la glycémie et des risques de cancer, surtout en usage prolongé.
L’Inserm recommande tout bonnement de privilégier une bonne hygiène de vie pour rester en forme.

Un ingrédient miracle pour paraître plus jeune et plus musclé ? Malheureusement, ça n’existe pas. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié le 4 février un article sur son média « Canal Détox » pour démentir les idées reçues sur les peptides, vendues en ligne ou dans le commerce sous forme de crèmes, de compléments alimentaires ou encore d’injections.

Les peptides sont de petites chaînes d’acides aminés, les mêmes molécules qui constituent les protéines. « La plupart agissent comme de minuscules messagers qui envoient des signaux aux cellules pour leur indiquer comment réagir, par exemple, pour réguler les défenses immunitaires face à une infection », explique l’Inserm.

Les peptides sont générés naturellement par notre corps mais sont aussi fabriqués dans les laboratoires pour fabriquer des médicaments, comme l’insuline utilisée pour traiter le diabète.

Danger lors d’une prise sur le long terme

Si certains peptides peuvent stimuler à la marge la croissance musculaire ou la régénération cellulaire, ils sont loin d’avoir les effets vendus par les influenceurs. « Tous ces produits ne sont pas forcément intégrés dans le corps », rapporte David Boccara, chirurgien plasticien à l’hôpital Saint-Louis à Paris et chercheur à l’Inserm, interrogé ce dimanche par franceinfo. Il compare les peptides à la vitamine C, prise par beaucoup de Français contre les maladies de l’hiver : « en réalité plus de 90 % de la vitamine est éliminée par le corps. »

Concernant les peptides de croissance (CJC-1295, l’Ipamorelin ou le GHRP-6) pour gagner en musculature, les études scientifiques démontrent que leur efficacité est avérée seulement « chez les personnes présentant une carence avérée en hormones de croissance » et sous avis médical, détaille l’Inserm. Par ailleurs, la prise de peptides sur le long terme présente des risques considérables, tels que l’augmentation de la glycémie, la rétention d’eau, et peut même provoquer des changements de « la forme des os » ou favoriser des cancers, met en garde l’Institut de recherche.

Il existe d’autres peptides qui auraient soi-disant le pouvoir de masquer les rides. Mais encore une fois les études analysées par l’Inserm concluent « qu’il n’existe pas de preuve solide que ces peptides aient un effet durable sur le vieillissement de la peau ».

Études réalisées sur des rongeurs

Et les peptides peuvent-ils aider à bronzer ? « On est très sceptiques. Mes collègues dermatologues, eux, au contraire, m’ont alerté parce qu’ils pensent qu’il y a probablement un surrisque d’un cancer de la peau, notamment de mélanome », répond le chercheur David Boccara à franceinfo.

Par ailleurs, des gélules à base de peptides de lait bio actifs ou de peptides marins et mélatonine sont vendues en parapharmacie ou en ligne pour améliorer le sommeil. Des études estiment que certaines « aideraient à réduire le temps nécessaire pour s’endormir ». Toutefois, ce n’est en aucun cas un traitement miracle. En cas de problèmes pour tomber dans les bras de Morphée, favoriser une bonne hygiène de sommeil (rythme, lumière, moins d’écrans) et demander des conseils à un professionnel de santé sont les premiers réflexes à avoir.

L’article de l’Inserm insiste enfin sur le fait que la plupart des études mises en avant par les influenceurs ou vendeurs peu scrupuleux sur internet sont pour la plupart réalisées « sur des cellules cultivées en laboratoire ou sur des rongeurs ». Espérer augmenter ses performances sportives ou sa longévité avec les peptides est donc impossible, voire dangereux. Les chercheurs qui ont participé à l’écriture du rapport de l’Inserm donne une tout autre recette miracle pour rester en pleine forme : bien dormir, bien manger, bien bouger.