Au Parc des Princes,
Dimanche soir au Parc des Princes, l’Olympique de Marseille avait de la combativité à revendre. Dommage qu’elle ne se soit pas exprimée avant le coup de sifflet final. Cas d’école Leonardo Balerdi, venu surjouer la colère après s’être fait trainer dans la boue par les attaquants parisiens pendant 90 minutes. « On ne peut pas accepter cela, a déclaré l’Argentin. On ne vient pas ici pour faire cela. C’est la réalité. On est passé à côté de la première mi-temps et ça s’est vu contre une équipe comme le PSG. Tu le paies. »
Dans un autre registre, le pauvre Himad Abdelli, fraîchement débarqué d’Angers et envoyé au casse-pipe devant les journalistes entassés dans la zone mixte du Parc, a maladroitement joué une carte stakhanoviste peu convaincante. « Il faut se remettre au boulot au plus vite, la fin de saison arrive. On a des objectifs, on va tout faire pour les atteindre. Je ne sais pas comment on peut autant passer à travers. Je n’ai pas les mots. »
A l’OM, personne n’a d’explication à rien
Personne n’a jamais les mots. C’est bien là le problème. Principalement quand le premier concerné par cette épidémie d’incompréhensionite aiguë est le capitaine du navire. Une élimination humiliante en Ligue des champions après s’être fait trimballer par Bruges ? Pas les mots. Le nul contre le Paris FC dans la foulée ? Toujours pas de mots disponibles, désolé.
Une fois n’est pas coutume, Roberto De Zerbi faisait peine à voir en conférence de presse d’après naufrage. « Honnêtement si j’avais la solution pour cette irrégularité, je la trouverais à n’importe quel prix, c’est la première fois de ma carrière que j’ai une équipe en montagnes russes comme cela. » Que Pablo Longoria déniche donc un forain, il ne pourra de toute façon pas faire pire.
Tirer sur l’ambulance, c’est mal, mais que voulez-vous, l’entraîneur marseillais a décidé de fournir à ses détracteurs le plus grand stock de munitions de l’histoire. « Je n’ai pas d’explication, c’est le plus grand problème en ce moment, ce n’est pas un match suffisant, on doit demander pardon comme après le match contre Bruges. » Avant d’envisager un périple rédempteur jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, il s’agirait peut-être d’être rationnel, Roberto, et de penser football, tactique, tout ça.
Une piste de réflexion parmi tant d’autres : ta défense à cinq là, ça marche pas. Déjà, ça fait trop de monde à gérer pour Balerdi. Ensuite, les pistons sont défectueux. Ils marchent vers l’avant, mais sont tout rouillés quand il faut revenir en arrière. Du coup bah, ta défense, c’est une défense à trois. Cf le match à Bruges, l’action commence sur une aile et se termine sur l’autre. Les couloirs défensifs de l’OM sont des rampes de lancement pour les ailiers adverses.
Enfin, l’existence de Benjamin Pavard implique des bugs extraordinaires. Sur l’ouverture du score, on voit le champion du monde errer de manière incompréhensible dans une zone inutile, laissant à Nuno Mendes tout le loisir de prendre la profondeur. Avec un deux contre un impossible à gérer contre le Portugais et Dembélé, il était clair que Balerdi n’irait pas très loin. D’autant plus que Medina était parti cueillir des champignons au début de l’action, ce qui n’aide pas non plus.
Le management de De Zerbi trop porté sur l’affect ?
Une fois qu’on a dit ça, il reste quoi ? L’absence de dynamique globale dans ce genre de rencontre. De dynamique tout court. Quelle idée de jeu a essayé d’inculquer De Zerbi à son équipe de puis son arrivée? Quelle elle son identité?
Pour revenir au fiasco de dimanche, on a bien compris que Greenwood n’avait pas un goût prononcé pour l’effort collectif sans ballon, que Nwaneri était retenu en captivité dans la poche de Nuno Mendes, et, en faisant les comptes que ne restaient acceptables que les matchs de Gouiri, Timber et Igor Paixão (même pas titulaire).
Enfin, on peut s’interroger sur le management résolument trop émotionnel de RDZ. Si ses accolades viriles dans les couloirs du Vélodrome ont su galvaniser les troupes avant le 8e de finale de Coupe de France contre Rennes (3-0), la promiscuité avec son groupe lors des minutes précédant le coup d’envoi n’a rien apporté contre Paris. Invoquer la grinta par tous les moyens, c’est bien. En faire son seul fonds de commerce, c’est assez limité, et encore plus quand les joueurs sont en réalité aussi prompt à lâcher un Classique de pareille manière – quelle seconde période honteuse. Et forcément, oui, ça finit par vous transformer une équipe de foot en montagnes russes.