EN BREF – Alors que l’enquête concer­nant l’at­taque à la gre­nade d’un ins­ti­tut de beauté en plein centre-ville de Grenoble qui a fait six bles­sés légers le 6 février 2026 se pour­suit, le média Valeurs actuelles affirme que l’ac­tion éma­ne­rait d’un groupe se pré­sen­tant sous le nom de « Fenec 38 » qui ne fait, à ce stade, l’objet d’aucune vali­da­tion offi­cielle des auto­ri­tés judi­ciaires. Pour l’heure, au sein de la classe poli­tique, seul Stéphane Gemmani, conseiller régio­nal du groupe Socialiste, éco­lo­giste et démo­crate, à réagi.

« Nous sommes les « Fenec 38 » basés à Grenoble. Nous aver­tis­sons tous les ter­rains de Grenoble à par­tir d’aujourd’hui, 6 février 2026. Tous ceux qui se sont lou­pés avec le patron des Fennecs se feront écla­ter par un sol­dat des Fenecs. Vous en paye­rez les consé­quences. Pour les suceurs, c’est pareil nous allons tous vous faire explo­ser. N’oubliez pas, nous avons des sol­dats qui aiment la mort comme vous aimez la vie ! ».

C’est en ces termes, très vio­lents, qu’un indi­vidu vêtu de noir, au visage dis­si­mulé, tenant ce qui semble être une gre­nade à la main, s’est exprimé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 6 février 2026. Soit le jour même de l’at­taque à la gre­nade sur­ve­nue dans un ins­ti­tut de beauté en plein centre-ville de Grenoble qui a fait six bles­sés légers, dont un enfant âgé de 5 ans.

Après l’ex­plo­sion d’une gre­nade dans un ins­ti­tut de Beauté à Grenoble, les forces de l’ordre atten­daient les équipes de démi­nage pour iden­ti­fier l’ob­jet explo­sif. © Maureen Dufournet – Place Gre’net

Selon les élé­ments com­mu­ni­qués par le pro­cu­reur de la République de Grenoble Étienne Manteaux, l’engin ne sem­blait « pas des­tiné à tuer », mais à inti­mi­der car il ne com­por­tait ni forte charge ni pro­jec­tiles métal­liques, contrai­re­ment à celui pro­jeté le 12 février 2025 dans un bar du Village olym­pique de Grenoble.

Sans confir­ma­tion des auto­ri­tés judi­ciaires, la pru­dence reste de mise

D’après le média ultra-conser­va­teur Valeurs actuelles, le mes­sage du pseudo-groupe évo­que­rait des menaces expli­cites et cher­che­rait à don­ner une por­tée quasi-mili­taire à l’action menée. L’expression « nous aimons la mort comme vous aimez la vie » a en effet « déjà été uti­li­sée par des orga­ni­sa­tions comme Al-Qaïda ou l’État isla­mique », affirme le magazine.

À ce stade tou­te­fois, aucune auto­rité, que ce soit le par­quet de Grenoble ou la pré­fec­ture de l’Isère, ne recon­naît offi­ciel­le­ment la res­pon­sa­bi­lité ni même l’existence d’un tel groupe qui pour­rait oppor­tu­né­ment récu­pé­rer un violent fait divers pour gagner en visi­bi­lité, inti­mi­der, ou créer un écran de fumée.

Autant dire que la pru­dence reste de mise, tant que le tra­vail d’enquête n’aura pas éta­bli de liens clairs entre les auteurs de l’at­taque, leurs inten­tions réelles et toute éven­tuelle struc­ture organisatrice.

STÉPHANE GEMMANI APPELLE À UN « RENFORT MILITAIRE » DE LA SÉCURITÉ

Au len­de­main de la dif­fu­sion de la vidéo de l’attaque et des mes­sages de reven­di­ca­tion attri­bués au groupe se pré­sen­tant comme « Fenec 38 », Stéphane Gemmani, élu du groupe Socialiste, éco­lo­giste et démo­crate (SED) au conseil régio­nal Auvergne-Rhône-Alpes, a estimé dans un com­mu­ni­qué que les images dif­fu­sées « marquent un chan­ge­ment de nature de la menace ».

L’élu appelle l’État à une réponse sécu­ri­taire ren­for­cée, dépas­sant le cadre poli­cier clas­sique. « Quand des groupes veulent impo­ser un rap­port de force mili­taire, la réponse doit être du même niveau, enca­drée par l’État de droit, mais sans fai­blesse. », a ainsi sou­li­gné Stéphane Gemmani. Qui demande expli­ci­te­ment le déploie­ment de la gen­dar­me­rie, force à sta­tut mili­taire, en appui de la police natio­nale, via des « patrouilles conjointes for­mées au ter­rain urbain ».

Il a éga­le­ment enjoint au ministre de l’Intérieur, au Premier ministre et au pré­sident de la République de « prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés ». « La peur doit chan­ger de camp. Et vite. La République ne négo­cie pas avec ceux qui la menacent. Elle les neu­tra­lise », a conclu Stéphane Gemmani.