La totalité des actions de l’aéroport de Domodedovo avait été transférée à l’Etat par la justice russe après une décision en juin 2025 d’un tribunal de la région de Moscou ayant statué qu’il se trouvait « sous influence étrangère ».
L’aéroport moscovite de Chérémétiévo a annoncé lundi avoir conclu un accord pour le rachat d’un autre aéroport de la capitale russe, celui de Domodedovo, nationalisé en 2025 et mis aux enchères dans la foulée.
« L’aéroport international de Chérémétiévo, représenté par sa filiale à 100% Perspektiva LLC, a signé un accord pour acquérir l’aéroport de Domodedovo », a indiqué l’aéroport de Chérémétiévo dans un communiqué.
Moitié moins que le prix de départ
La totalité des actions de l’aéroport de Domodedovo, l’un des principaux de Moscou avec ceux de Chérémétiévo et Vnoukovo, avait été transférée à l’Etat par la justice russe après une décision en juin 2025 d’un tribunal de la région de Moscou ayant statué qu’il se trouvait « sous influence étrangère ».
Il a ensuite été mis aux enchères au début de l’année 2026, d’abord le 20 janvier sans trouver preneur avec un prix de départ fixé à 132,26 milliards de roubles (1,4 milliard d’euros), puis de nouveau le 29 janvier.
La transaction « s’élève à plus de 66,1 milliards de roubles » (environ 718 millions d’euros), indique Chérémétiévo dans son communiqué. Depuis l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine lancée en 2022, l’État russe a saisi des milliards de dollars d’actifs, notamment des filiales de firmes étrangères ayant quitté le pays après les sanctions internationales prises contre Moscou.
L’histoire de l’aéroport de Domodedovo illustre une économie russe qui s’essouffle. Construit en 1964, privatisé dans les années 1990, il était l’une des grandes portes d’entrée de la Russie vers l’Europe, base de British Airways ou Lufthansa. Saisi par l’État en 2025, il a donc été mis en vente sans trouver preneur, avant d’être bradé lors d’une enchère « à la hollandaise » (on baisse le prix jusqu’à ce qu’on trouve preneur), finalement racheté par Chérémétiévo, le hub historique d’Aeroflot, très étroitement lié au Kremlin.
Endetté à hauteur d’environ 1 milliard de dollars, l’aéroport de Domodedovo a été emporté par trois chocs: Covid‑19, rupture des liaisons avec l’Europe et sanctions post‑Ukraine, au point que son deuxième terminal, ouvert en 2023, reste presque vide.
Pour des économistes russes, cette vente à perte illustre un État qui nationalise massivement, au moins 77 milliards d’euros d’actifs saisis depuis 2022, pour ensuite les revendre avec une forte décote à des proches du Kremlin, dans un marché où les actifs jadis louables ne trouvent plus d’acheteurs étrangers.