Bilan contrasté dressé ce lundi 9 février par les autorités de la Manche autour du préfet à Saint-Lô. Il était question de sécurité. Si notre département reste l’un des plus sûrs de France, tous les indicateurs ne sont pas au vert. D’où des priorités affichées pour l’année 2026.
C’est un exercice imposé en début d’année. Les responsables de la gendarmerie, de la police et des services de secours se retrouvent autour du préfet de la Manche pour dresser le bilan de la sécurité dans le département. Habituellement, les procureurs de la République sont aussi au rendez-vous, mais ce lundi 9 février, aucun d’eux n’était présent, retenus par ailleurs.
Cette année encore, il ressort des statistiques de la sécurité que la Manche reste dans le peloton de tête des départements les plus sûrs. Mais c’est un bilan contrasté qui a été tout de même dressé. Voici en 4 points ce qu’il faut retenir.
Une réponse adaptée à la hausse des narcotrafics
C’est un phénomène qui n’échappe pas à la tendance nationale : la drogue sous toutes ses forces, circule de plus en plus dans le département. Les saisies et les affaires symboliques résolues cette année montrent que le trafic a lieu aujourd’hui tout autant dans les principales villes qu’en zones plus rurales. En 2025, ce sont 113 kilos de cannabis qui ont été saisis, 6,3 kilos de cocaïne et 4 kilos d’héroïne, des volumes en hausse par rapport à l’année 2024. Au total, 1410 personnes ont été mises en cause, ce qui représente une hausse de + de 41% par rapport à l’année précédente. Parmi les affaires marquantes de 2025, l’interpellation d’une vague d’individus le 25 février dans l’arrondissement de Saint-Lô. Six individus avaient été finalement condamnés à des peines allant de 4 à 7 ans de prison. On se souvient aussi de la fusillade qui a éclaté dans un immeuble HLM de Saint-Lô le 13 octobre dans le cadre d’une opération d’envergure visant à mettre fin à un trafic de résine de cannabis et de cocaïne implanté dans la cité préfectorale.
La hausse des violences sexuelles, seul indicateur au dessus de la moyenne nationale
C’est l’un des points négatifs dans le bilan sécuritaire de la Manche. En 2025, le nombre de violences faites aux personnes a augmenté de +7,2% avec 4222 faits constatés dont 5 homicides dans l’année. Une hausse due notamment à l’augmentation des cas de violences sexuelles de 25% en un an. Beaucoup de ces violences ont lieu dans la sphère familiale. Les autorités rappellent l’importance de la libération de la parole qui peut aussi expliquer la hausse du nombre de faits connus. Le 39-19 reste le numéro d’urgence à composer pour les femmes victimes de violence. Parmi les faits marquants de l’année, on peut citer l’interpellation d’un auteur d’exhibition à proximité d’un lycée le 16 juin, l’interpellation de l’auteur présumé du meurtre d’une femme dont le corps dénudé avait été retrouvé en juillet dans les rochers à Barfleur, mais aussi l’agression d’une personne âgée poignardée à neuf reprises dans le centre ville de Granville et sauvée par l’intervention de deux passants en novembre.
Le lourd tribut des usagers les plus fragiles sur la route
L’année 2025 a été mauvaise sur les routes du département. 43 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route contre 35 en 2024 et 30 seulement l’année précédente. Une hausse importante liée à de mauvais comportements, et qui frappe particulièrement les usagers de la route les plus fragiles. Ainsi, piétons et conducteurs de deux-roues motorisés ou non représentent la majorité des morts. Par ailleurs, les autorités notent une augmentation des cas de refus d’obtempérer de la part de conducteurs aux profils très variés. En zone gendarmerie, on comptabilise ainsi 127 cas contre 104 un an plus tôt.
Des aides financières pour équiper les communes en caméras de vidéoprotection
Le préfet de la Manche fait un constat : les caméras de vidéoprotection apportent un véritable plus pour les enquêteurs, mais aussi pour sécuriser l’espace public. C’est la raison pour laquelle, le représentant de l’Etat indique avoir provisionner 500 000 euros qui seront utilisables cette année pour aider financièrement des communes qui souhaiteraient s’équiper de caméras. Un recensement des lieux où leur installation serait pertinente est en cours par les gendarmes et les policiers à l’échelle de toute la Manche. Une fois cette cartographie réalisée, les discussions seront engagées avec les maires concernés.