Ce guide pratique, publié à l’initiative de la Grande mosquée de Paris, veut présenter clairement la place de la pratique religieuse de l’islam dans les sociétés laïques, et notamment en France. L’objectif est de lutter contre les discours haineux.
Publié le 09/02/2026 15:46
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La Grande mosquée de Paris est à l’initiative du guide « Musulmans en Occident », publié le 10 février 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Le livre Musulmans en Occident est publié mardi 10 février par la Grande mosquée de Paris, aux éditions Albouraq, avec l’objectif de « favoriser une meilleure acceptation » de la pratique musulmane dans les sociétés laïques, et notamment dans les pays occidentaux. L’ouvrage veut « déconstruire les discours haineux et communautaires » auxquels les musulmans peuvent être confrontés. Il s’agit aussi de montrer et d’ancrer l’idée que la vie citoyenne « s’accorde pleinement avec les principes fondamentaux de l’islam ».
Pourquoi un tel guide ?
L’ouvrage de près de 900 pages se veut un « un référentiel inédit » pour lutter contre les critiques faites aux musulmans pratiquant et à l’inclusion de la pratique religieuse dans les sociétés laïques. Il s’appuie sur une mise en page claire et un vocabulaire pédagogique. Il permet aussi de présenter des notions théologiques : ce que contient le Coran, qui étaient les compagnons du Prophète, l’idée de vie après la mort…
Au-delà de la présentation des principes fondamentaux de l’islam, le guide permet aussi de répondre à des interrogations du quotidien, en lien avec les valeurs musulmanes, comme la consommation d’alcool « strictement interdite », la position de l’islam sur la musique ou sur l’avortement, la consommation de produits halal ou encore le sens et les règles du ramadan.
Que contient cet ouvrage ?
Le guide s’adresse aussi bien aux musulmans désireux de mieux comprendre et pratiquer leur foi qu’aux non-musulmans « curieux de découvrir cette religion ». Il inclut une charte, un glossaire et le compte-rendu intégral des auditions qui ont permis la rédaction de ce guide.
Le glossaire « sur l’adaptation du discours religieux musulman en Occident » , également accessible en ligne, entend clarifier quelque 200 notions. Il rappelle notamment que le jihad signifie « effort » et qu’une fatwa « désigne un avis juridique ou religieux » et non, « contrairement à une idée répandue », une condamnation ni une sentence judiciaire.
Le livre présente également une charte de recommandations concrètes « pour favoriser une meilleure acceptation des musulmans dans leurs pays respectifs ». Sont abordés par exemple les thèmes de l’égalité hommes-femmes, de la compatibilité entre islam et science et du port du voile. Le texte rappelle que le port (ou non) du voile « relève d’un choix personnel qui doit être respecté », que le mariage civil est « préalable au mariage religieux », et rejette toute instrumentalisation de la laïcité qui est « une chance pour les musulmans ».
Il est écrit que l’antisémitisme « est contraire aux principes de justice et de respect mutuel prônés par l’islam », et « il n’est pas question d’imposer une peine à l’apostat ».
Qui y a participé ?
Pour mener à bien ce projet, la Grande mosquée de Paris s’est appuyé sur un double travail. D’un côté, une commission réunissant des imams s’est penchée sur les « points de friction » qui peuvent exister entre la pratique de l’islam et la société laïque.
Une deuxième équipe rassemblait 80 personnalités civiles, dont l’ancien sélectionneur des Bleus Raymond Domenech, l’écrivain Jacques Attali, ou encore l’historien Benjamin Stora. Cette commission devait répondre à une question précise : « Quels comportements liés à l’expression de la foi musulmane peuvent poser problème dans nos sociétés ? ».
Une cinquantaine de personnalités ont été entendues, allant de l’ex-président de la République François Hollande au journaliste Philippe Val en passant par les élus LFI Aymeric Caron et RN Louis Aliot.
Quelles sont les spécificités françaises ?
Plusieurs entrées se penchent sur les spécificités de la société française, que ce soit la laïcité, les règles des aumôneries ou du port du voile. L’école fait ainsi l’objet d’une longue entrée détaillant, articles de loi à l’appui, les règles concernant les sorties scolaires, les signes ostensibles ou les cantines.
Régulièrement, une comparaison est faite avec les positions des autres cultes.