Par
Glenn Gillet
Publié le
9 févr. 2026 à 20h49
Nouvelle campagne pour Clément Beaune. L’ancien ministre et ancien député de Paris, qui a succédé à François Bayrou pour devenir Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan après avoir été battu par Emmanuel Grégoire aux élections législatives de juillet 2024, s’est lancé dans la bataille pour l’Hôtel de Ville. Il figure en troisième position sur la liste conduite Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons-Renaissance actuellement donné troisième à l’issue du premier tour par les sondages.
actu Paris : Pourquoi un retour aux urnes maintenant face aux Parisiens ?
Clément Beaune : Pour moi, c’est naturel et logique. Je suis engagé à Paris depuis 2022 et même avant, j’ai été candidat deux fois, élu député en 2022, donc je m’engage dans la ville où je suis né, où j’ai grandi, où je me suis engagé devant les électeurs. Pour moi, ce n’était pas un engagement temporaire, ce n’était pas un engagement « d’un soir », si je puis dire, c’est un engagement durable, donc ça me semble légitime de me représenter devant les électeurs, à la fois à Paris, comme troisième sur la liste de Pierre-Yves Bournazel, et puis dans le 11e arrondissement, en deuxième position, au cœur de la circonscription où j’ai été élu en 2022, par cohérence, par fidélité, par engagement. Pour moi, le projet Pierre-Yves Bournazel, c’est un projet d’alternance qui est à la fois sérieux et positif, avec du fond. Je crois qu’on a besoin de changement et de responsabilité, de sérieux, de connaissance de Paris et Pierre-Yves Bournazel est celui qui est engagé pour Paris depuis le plus longtemps.
actu Paris : Quelles sont les principales propositions que vous souhaitez porter dans cette campagne ?
C.B. : Sur le fond des propositions, il y en a plusieurs qui montrent l’engagement et le sérieux de notre campagne, des thèmes qui ont été choisis par Pierre-Yves Bournazel avant même qu’ils ne soient au cœur du débat d’actualité ou des polémiques. Je pense à la question du périscolaire sur laquelle il s’est positionné très tôt en proposant, et c’était le premier à le faire, un contrôle systématique des antécédents et es profils des animateurs, et puis des sanctions immédiates, pas simplement des déplacements comme le fait la Ville aujourd’hui. Je pense aussi à la question des mobilités avec des projets très concrets : c’est le premier qui a proposé une ouverture la nuit de certaines lignes du métro, nous proposons aussi trois lignes de bus express, pour réhabiliter le bus au cœur de Paris, qui permettront de circuler entre les gares, et sur les axes nord-sud et est-ouest, ainsi que des aménagements sécurisés sur 200 carrefours prioritaires pour les vélos. Sur la question de la propreté, nous proposons aussi une réorganisation complète, une privatisation de la collecte des déchets. Il y a un programme qui est très ambitieux, qui est très sérieux et qui remet, et c’est sûrement le plus important, les préoccupations du quotidien au cœur du projet. Il y a par exemple, c’est très concret, un plan anti nids-de-poule qu’a proposé Pierre-Yves Bournazel avant la polémique légitime suscitée par l’accident de Thomas Sotto qui a médiatisé le sujet.
actu Paris : Vous aviez demandé la tenue d’un vote interne des adhérents de la fédération parisienne de Renaissance pour choisir entre un soutien à Pierre-Yves Bournazel ou Rachida Dati, ou bien une candidature Renaissance indépendante. Regrettez-vous qu’il n’ait pas eu lieu ?
C.B. : Non. Très tôt, avant même cette lettre aux militants écrite au mois de septembre, j’avais indiqué qu’il fallait qu’il y ait une candidature autonome du centre parce qu’on a une identité politique. Que ce soit Renaissance ou Horizons, nos militants ont fait toutes les campagnes ensemble depuis 2017. Je l’ai vécu moi-même en 2022 puis en 2024 comme candidat à la députation. Cette famille politique, cette identité politique, elle représente quelque chose à Paris et pour moi, il était impensable que ne soit pas représentée. Ensuite, il y avait différentes modalités : j’ai été un des candidats possibles mais j’ai choisi le rassemblement. J’ai une amitié personnelle pour Pierre-Yves Bournazel et de l’adhésion politique à ce qu’il représente. Donc non, franchement, je n’ai aucun regret, sinon je ne me serais pas engagé en première ligne sur cette liste.
actu Paris : Les sondages donnent donc Pierre-Yves Bournazel en troisième position à l’issue du premier tour, derrière Emmanuel Grégoire et Rachida Dati. Que dites-vous aux LR, notamment, qui estiment qu’un maintien de votre liste au second tour participerait à faire perdre Rachida Dati, pourtant membre d’un gouvernement où LR et macronistes sont alliés ?
C.B. : Il faut sortir de cette fable selon laquelle il y aurait des candidats naturels et des candidats illégitimes. La famille politique du centre, elle existe à Paris et elle a même fait un score très supérieur à celui des Républicains aux dernières législatives. Qu’il y ait une candidature LR, celle de Mme Dati, c’est légitime, mais je ne vois pas au nom de quoi on décréterait qu’il y a des candidatures qui ne le sont pas moins ou qui ne devraient pas exister. Notre projet, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet de fond qui a été travaillé pendant de nombreuses années. On souhaite que chacun propose le sien et que les électeurs tranchent, c’est ça la démocratie.
Je crois, dans l’avenir, à un Paris des 30 à 50 arrondissements.
Clément Beaune
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actu Paris : Le patron du groupe Horizons-Renaissance au Conseil de Paris Paul Hatte a démissionné de la présidence du groupe il y a quelques jours, estimant que Pierre-Yves Bournazel fait campagne « trop à gauche ». Vous qui êtes identifié comme tenant de l’aile gauche du bloc macroniste, partagez-vous l’impression d’une campagne plus à gauche que prévu ?
C.B. : C’est un non-événement et je ne commente pas des choix personnels. Je trouve tout simplement dommage qu’il soit monté en épingle. Sur le fond, ce départ est intervenu la semaine dernière, mais le programme de Pierre-Yves Bournazel, qui a été présenté par grandes thématiques et qui sera présenté de manière complète dans quelques jours, il n’a pas changé d’un iota ces derniers jours ou ces dernières semaines. Donc je ne vois pas ce qui permettrait de justifier une évolution d’un côté ou de l’autre d’ailleurs de l’échiquier des idées. Pierre-Yves Bournazel a toujours défendu le rassemblement : certains viennent du centre droit, d’autres viennent du centre gauche, d’autres viennent de la société civile. C’est ça qui me plaît et c’est ce qui plaît, je crois, à un certain nombre d’électeurs.
actu Paris : En janvier, vous aviez partagé sur le réseau X un visuel appelant à procéder à un nouvel agrandissement Paris, comme en 1860, pour y incorporer les communes limitrophes : Levallois-Perret, Montreuil ou encore Ivry deviendraient alors des 21e, 22e ou 23e arrondissements. Pouvez-vous nous en dire plus ce projet ?
C.B. : C’est une réflexion que je porte depuis longtemps, que j’ai exposée dans mon livre il y a quelques mois. Je crois, en effet, que le mouvement qui a fait que Paris a cessé de grandir depuis 150 ans n’est pas fidèle à l’histoire. Paris s’est toujours agrandie, par coopération, construction en lien avec les bourgs limitrophes.
Je crois, dans l’avenir, à un Paris des 30 à 50 arrondissements. Il est déjà dessiné par des politiques très concrètes : dans les transports avec le Grand Paris Express, il y aura bientôt de fait un Grand Paris du quotidien. Il faudra donc construire dans les années qui viennent, dans les mois qui viennent, un Grand Paris démocratique et institutionnel. Je crois d’ailleurs qu’il faudra aller, dès les prochaines élections, vers un maire de Grand Paris qui correspond à peu ou prou à la petite couronne, élu démocratiquement par les citoyens de cet espace politique, démocratique, institutionnel. Si on veut des politiques de culture, de logement, de déplacements qui sont cohérentes et plus justes, aussi, avec moins d’inégalités territoriales, je crois qu’il faut passer à cette échelle. D’ailleurs, quand on demande à quelqu’un qui habite dans une banlieue qui jouxte Paris d’où il vient, il dit « de Paris », très souvent, quand il parle à quelqu’un qui vient un peu plus en Île-de-France. Donc ce sentiment d’identité, il existe, et ces politiques du quotidien, à travers les transports notamment, elles se construisent rapidement, dès cette année avec les premières lignes du Grand Paris Express.
actu Paris : En cas d’élection au Conseil de Paris, comptez-vous rester Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan ?
C.B. : Le mandat de Paris, il est exercé en pratique par 163 personnes qui, pour l’immense majorité d’entre elles, ont une activité dans le public ou dans le privé à côté de ce mandat qui prend quelques heures par mois et quelques jours dans l’année. C’est un mandat important, mais qui n’est pas un mandat incompatible avec une responsabilité, privée ou publique, et pas avec celle du Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan. En suite, si j’étais amené à occuper de plus lourdes responsabilités, en tant qu’adjoint par exemple, j’en tirerai des conséquences. Mais pour l’instant, ce n’est pas ce qui est prévu et il faut d’abord gagner la confiance des électeurs.
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