Un barème fiscal discrètement
ajusté

Le projet de loi de

finances
pour 2026 prévoit une revalorisation générale
des barèmes fiscaux de 0,9 %. Une décision technique en apparence,
mais qui a des effets bien réels sur le portefeuille. Cette hausse
vise à tenir compte de l’inflation et concerne notamment les seuils
à partir desquels un foyer devient imposable.

Autrement dit, certains
contribuables passeront encore entre les mailles du filet, parfois
à quelques euros près. Une situation que connaissent bien ceux qui,
en fin d’année, scrutent leur fiche de paie en se demandant s’ils
n’ont pas trop accepté d’heures supplémentaires.

Le seuil d’imposition,
concrètement, qu’est ce que c’est ?

Le seuil d’imposition
correspond au revenu net annuel au delà duquel l’administration
fiscale commence à prélever l’impôt sur le revenu. En dessous, rien
à payer. Au dessus, même légèrement, l’impôt devient
inévitable.

Ce principe, expliqué par la
Direction générale des Finances publiques, est souvent mal compris.
Beaucoup pensent encore que dépasser le seuil signifie être
lourdement taxé, alors qu’en réalité seule la fraction dépassant le
seuil est imposée selon le barème progressif.

Comment calculer son revenu
de référence

Avant de comparer ses revenus
aux plafonds, il faut passer par une étape clé : le calcul du
revenu net imposable. Il s’agit d’additionner l’ensemble des
revenus perçus sur l’année 2025, salaires, pensions ou allocations
imposables, puis d’en déduire les abattements et avantages fiscaux
applicables.

Les simulateurs mis à
disposition par l’administration fiscale permettent d’y voir plus
clair. Beaucoup de foyers les utilisent désormais comme un réflexe,
un peu comme on vérifie la météo avant de partir en week end.

Les plafonds à ne pas
dépasser selon votre situation

Pour une personne célibataire
sans enfant, le revenu net annuel à ne pas franchir est fixé à 17
594 euros. Cela correspond à environ 1 629 euros nets par mois. Un
seuil que connaissent bien les jeunes actifs en début de
carrière.

Un célibataire avec un enfant
à charge peut aller jusqu’à 23 391 euros par an, soit environ 2 165
euros nets mensuels.

Pour un couple sans enfant, ou
un parent isolé avec deux enfants, le plafond s’élève à 32 866
euros annuels. Cela représente environ 3 043 euros nets par mois
pour l’ensemble du foyer.

Dans le cas d’un couple avec
un enfant, le seuil est porté à 38 660 euros par an, soit environ 3
579 euros nets mensuels. Enfin, un couple avec deux enfants reste
non imposable tant que ses revenus ne dépassent pas 44 458 euros
sur l’année, soit environ 4 116 euros nets par mois.

Ces montants sont cohérents
avec les analyses de l’Insee sur la structure des revenus des
ménages français.

Une
tolérance méconnue pour les très petits montants

Dernier point souvent ignoré :
l’administration fiscale ne prélève pas d’impôt
lorsque le montant dû est inférieur à 61 euros. La raison est
simple et assumée par la DGFIP : en dessous de ce seuil, le coût de
gestion dépasse ce que l’État encaisserait.

Concrètement, certains
contribuables peuvent donc être théoriquement imposables, sans
jamais être appelés à payer. Une subtilité qui rappelle que le
système fiscal, aussi rigoureux soit il, sait parfois faire preuve
de pragmatisme.