Et si c’était la Saint-Valentin (Foubert) avant l’heure en ce lundi 9 janvier, jour de finale olympique du petit tremplin. Dans la salle Émile-Baetz éclairée au pied du tremplin olympique du Praz plongé dans la nuit, le sauteur à ski de Courchevel Valentin Foubert a déjà l’amour de sa maman et de toutes les forces vives sportives intragénérationnelles de la station réunies pour pousser derrière lui : « J’ai le palpitant qui bat depuis ce matin (lundi), mais je l’ai eu au téléphone à midi et le voir calme m’a apaisé », confie Laurence, venue avec toute la petite famille.
« Un exemple pour nos jeunes sauteurs »
Son frère Thibaut et la petite sœur Nina sont là pour communier avec la station qui fait la force de “Valou”. En finale olympique pour ses premiers jeux à 24 ans. « Forcément, Valentin, c’est un exemple pour nos jeunes sauteurs, certains ont 11 ans et rêvent déjà des JO de 2030 ici, même si ça sera un peu juste pour eux », témoigne, juste avant d’entamer les choses sérieuses, Tony Delaup, le frère de Steeve, le meilleur Français jusque-là aux Jeux (6), qui a entraîné Valentin Foubert dès ses 6 ans.
« Il est encore plus à l’aise sur le grand tremplin, alors samedi… »
« Mais ils rêvent surtout grâce à ses performances cet hiver avec ses deux tops 4 en Coupe du monde qui prouvent qu’on peut y arriver chez nous, dans une petite nation du saut à ski. »
Encore plus après la première manche. Parfaite. Nicolas Bal, médaillé olympique en combiné nordique à Nagano en 1998 et aujourd’hui directeur du centre d’entrainement des tremplins de Courchevel-Le Praz, ne veut pas s’emballer avant le coup. « On ne sait jamais comment on va réagir lors de ses premiers Jeux. Encore que j’ai fait ma meilleure performance à cette occasion, sans la pression d’après. Alors, pourquoi pas lui. En plus, il a joué devant aux entrainements, donc on y croit. »
Valentin Foubert est deuxième, les petits drapeaux bleu-blanc-rouge sont de sortie face au grand écran. Louis, surnommé “mini Valou” et la plupart de ses 40 copains et copines de l’école de saut à ski crient de plaisir à tout rompre. « J’ai l’impression d’être dans un monde parallèle », lâche sa maman. « Mais il y a un deuxième saut », tente-t-elle d’atterrir.
Dès que Valentin Foubert apparaît sur le grand écran depuis Predazo, pour son deuxième saut, le temps dans la salle suspend son vol. Valentin Foubert rate un peu son second envol. L’euphorie retombe. Silence. Cinquième, Valentin Foubert avait rendez-vous avec l’Histoire mais ne l’a pas écrite jusqu’au bout.
« Forcément, là tout de suite, on est un peu déçus, on est passé par toutes les émotions, mais on est fier de lui », commente à chaud son frère Thibaut. Qui retrouve vite le sourire. « Samedi, il y a le grand tremplin et on sait qu’il est encore plus à l’aise, donc rien n’est perdu pour la médaille. »
Toute la famille Foubert sera cette fois en live au pied du tremplin italien. Pour rêver encore face au podium olympique…