Un pacte d’amitié entre deux joueurs espagnols s’est transformé en bataille judiciaire. Un million d’euros en jeu, que le gagnant refusait de partager. La justice a tranché en faveur du plaignant.
L’amitié a parfois un prix, et dans le cas de deux joueurs réguliers de Pontevedra, en Espagne, il s’élève exactement à 100 000 euros. Tout commence par un pacte scellé au coin d’une table, une promesse informelle comme on en fait souvent entre amis : si l’un d’eux décroche un gros lot, il s’engage à reverser 10 % de ses gains à l’autre. Ce qui ne devait rester qu’un rêve devient une réalité fulgurante en 2022, lorsqu’un ticket à gratter rapporte un million d’euros à l’un des deux compères.
Cependant, l’ivresse de la richesse a rapidement douché les espoirs du binôme. Une fois le million en poche, le gagnant fait volte-face et refuse d’honorer sa parole, invoquant l’opposition farouche de sa fille à ce partage. Face à cette trahison, le joueur lésé décide de porter l’affaire devant la justice, malgré l’absence flagrante de contrat écrit pour prouver l’existence de cet accord. Devant le tribunal, le nouveau millionnaire nie même avoir jamais tenu de tels propos.
Des témoignages et messages accablants
La justice espagnole a pourtant réussi à reconstituer la vérité grâce à une série d’éléments concordants, relate 20 Minutos. Plusieurs témoins ont affirmé avoir entendu les deux hommes discuter de cet arrangement oral bien avant le gain, mais aussi juste après la victoire, avant même que l’argent ne soit encaissé. Un témoignage clé a notamment rapporté une conversation où le gagnant demandait explicitement à son ami ce qu’il comptait faire de « ses » 100 000 euros.
« Ce genre d’arrangement ne me paraît pas correct. Si les rôles étaient inversés, ni lui (son père, NDLR) ni moi n’accepterions l’argent », écrivait la fille du gagnant dans des messages WhatsApp. Ces écrits, fournis lors de l’audience, ont fini de convaincre la magistrate. En reconnaissant implicitement l’accord, la fille du gagnant a involontairement validé l’existence du pacte. La juge a donc conclu que l’engagement était réel et contraignant. Près de quatre ans après les faits, le millionnaire a donc été condamné à verser les 100 000 euros promis.