La Spirit of Toulouse est le premier des trois rouliers commandés en Chine pour la logistique de l’avionneur européen Airbus.
Le chantier Wuchang (groupe CSSC) a mis à l’eau le Spirit of Toulouse le 5 février au moyen de traînes roulantes et d’un slipway. Ce navire de Louis Dreyfus Armateurs affrété pour la logistique d’Airbus est la première unité d’une série de trois rouliers ayant la particularité d’être équipés de six rotors Flettner Norsepower de 35 mètres de haut chacun pour aider à la propulsion. Deux autres navires, les Spirit of Mobile et Spirit of Mirabel sont en cours de construction.
Livrables cette année, ces rouliers ont été conçus pour le transport de pièces d’Airbus et seront exploités en Atlantique entre Saint-Nazaire/Montoir et Mobile (Alabama), où se trouve l’usine américaine d’Airbus produisant les avions de la gamme A320/A321. Immatriculés au Registre Internationale Français (RIF), ils rejoindront la flotte roulière actuelle constituée des Ville de Bordeaux, Ciudad de Cadiz (exploités vers les États-Unis) et City of Hamburg (route Méditerranéenne), également armés par LDA et en contrat jusqu’en 2030.
Le Ville de Bordeaux
Les nouveaux navires, qui ont été conçus par le bureau d’architecture Deltamarin, mesureront environ 169 mètres de long pour 23.32 mètres de large avec un port en lourd autour de 5400 tonnes. Chaque nouveau roulier pourra transporter environ 70 conteneurs de 40 pieds et six sous-ensembles d’avions monocouloirs (ailes, fuselage, mâts-réacteurs, empennages horizontaux et verticaux) contre trois à quatre sous-ensembles sur la flotte actuelle, qui ne transporte pas de conteneurs.
Ces navires ont été conçus pour minimiser les émissions de dioxyde de carbone à travers une approche globale. Ainsi, ils seront équipés d’une propulsion principale duale (avec des moteurs fonctionnant au diesel ou au méthanol), à laquelle s’ajoutera la propulsion auxiliaire constituée des rotors Flettner. Ils bénéficieront également d’hélices à haut rendement, d’un revêtement de coque à faible friction, d’un système de gestion de l’énergie, d’un logiciel de routage pour maximiser la propulsion vélique, d’un système de récupération de chaleur fatale… LDA annonce une baisse d’émissions de CO₂ de 70% par rapport à la génération précédente. « À l’échelle de la flotte, et en tenant compte de l’augmentation de la capacité globale, l’introduction de ces nouveaux navires devrait permettre de réduire les émissions annuelles moyennes de CO₂ sur la route transatlantique à l’horizon 2030 d’environ 50 % par rapport à 2023, tout en accompagnant une hausse des volumes transportés », écrit l’armateur.
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