Deux élus à la Chambre des représentants, le républicain Thomas Massie (du Kentucky, à gauche sur la photo) et le démocrate Ro Khanna (de Californie, à droite), devant le ministère de la justice, à Washington, le 9 février 2026. Deux élus à la Chambre des représentants, le républicain Thomas Massie (du Kentucky, à gauche sur la photo) et le démocrate Ro Khanna (de Californie, à droite), devant le ministère de la justice, à Washington, le 9 février 2026. HEATHER DIEHL/GETTY IMAGES/AFP

Les noms de six hommes ont été occultés sans explication par le ministère de la justice américain dans le dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein, ont dénoncé des élus du Congrès des Etats-Unis ayant pu examiner, lundi 9 février, des documents non caviardés.

Le ministère de la justice avait publié, le 30 janvier, « plus de trois millions de pages » en partie caviardées du dossier Epstein, affirmant que l’administration Trump s’était ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en novembre 2025, de faire toute la lumière sur ce dossier politiquement explosif.

Plusieurs parlementaires des deux grands partis américains ont commencé à consulter, lundi, les documents non occultés, le ministère de la justice ayant envoyé une lettre aux élus pour les informer de la possibilité de le faire sur place sur ordinateur. Parmi eux figurent les deux coauteurs de la loi de transparence sur l’affaire Epstein, tous deux membres de la Chambre des représentants, le républicain Thomas Massie (Kentucky) et le démocrate Ro Khanna (Californie).

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« Ce qui m’a posé problème est que les noms d’au moins six hommes ont été caviardés alors qu’ils sont probablement impliqués du fait de leur inclusion dans ces documents », a déclaré Thomas Massie aux journalistes à la sortie du ministère. « Il y a six hommes, certains avec leur photo, dont les noms ont été caviardés, sans explication de pourquoi ils l’ont été », a précisé Ro Khanna.

« Ils doivent réviser leur propre copie »

Les deux parlementaires se sont refusés à révéler l’identité de ces six hommes, mais l’un d’eux est « assez haut placé dans un gouvernement étranger », a fait savoir Thomas Massie, son collègue évoquant « une personnalité assez éminente » parmi les cinq autres. La loi autorise des caviardages dans de strictes conditions, essentiellement pour préserver l’intimité des victimes.

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En revanche, elle interdit expressément toute rétention de documents au motif du tort que leur publication pourrait causer à qui que ce soit, « responsable gouvernemental, personnalité publique ou dignitaire étranger », ou de leur « caractère politiquement sensible ». Une bonne partie des documents consultés par les parlementaires restent « caviardés », s’est étonné Ro Khanna. « C’est dû au fait que les documents fournis au ministère de la justice par le FBI [la police fédérale] ou les grands jurys l’étaient déjà », a-t-il expliqué.

« Nous devons donner au ministère de la justice une chance de revoir sa copie et de corriger ses erreurs », a affirmé Thomas Massie. « Ils doivent réviser leur propre copie ou la faire vérifier par quelqu’un d’autre », a-t-il insisté. La masse de nouveaux documents ne contient pas d’élément pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu d’emblée, le 30 janvier, le numéro deux du ministère, Todd Blanche.

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Bien que la simple mention du nom d’une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent les répercussions des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.

Le Monde avec AFP