Terminant au pied du podium ce lundi en saut à ski, le Français Valentin Foubert peut nourrir quelques regrets, même s’il a signé la meilleure performance d’un Français aux JO.
Terriblement frustrant: le sauteur à skis Valentin Foubert est passé très proche d’un exploit avant d’échouer au pied du podium du concours sur petit tremplin des JO de Milan Cortina, remporté par l’Allemand Philipp Raimund, lundi à Predazzo.
Deuxième à l’issue de la première manche, derrière Raimund, après un saut sublime, le jeune skieur de Courchevel a été dépassé dans le dernier acte par le jeune Polonais Kacper Tomasiak (19 ans), qui décroche l’argent, ainsi que le Japonais Ren Nikaido et le Suisse Gregor Deschwanden, tous deux à égalité en bronze.
Avec un total de 263,3 points, le Savoyard n’était pas loin de la troisième place (266 pts), mais a néanmoins réalisé la meilleure performance d’un Français aux Jeux dans les épreuves masculines de saut à skis. Jusqu’ici le meilleur résultat datait des Jeux d’Albertville en 1992, avec Steve Delaup, sixième. Coline Mattel, médaillée de bronze à Sotchi il y a douze ans, reste donc la seule représentante française à être montée sur le podium olympique.
Mais Foubert a pris date, lui qui fait partie de cette jeune génération programmée pour briller dans quatre ans lors des Jeux dans les Alpes françaises. «J’ai donné tout ce que je pouvais mais j’aurais quand même espéré un petit podium», a-t-il réagi à l’issue du concours, un peu frustré.
En Italie, cet amateur de jeux vidéo, en particulier de simulateurs de vol, visait au mieux le top 10, vu qu’il n’était jamais monté sur le podium dans une grande compétition. Mais il s’en était, toutefois, approché en signant deux places dans le top 5 de Coupe du monde cette saison. D’abord à Ruka (Finlande) en novembre (5e), une prouesse plus accomplie par un Français depuis 2009 (Vincent Descombes Sevoie) – puis encore mieux en décembre à Klingenthal, en Allemagne (4e).
«Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu ça (en France). Il a des qualités incroyables en poussée, en vol… Il n’a rien à envier aux autres», disait de lui à l’AFP Fabrice Guy, médaillé d’or du combiné nordique en 1992, avant le concours.
«En l’air, une machine»
Avec un saut à 102,5 m (134,6 points) lors de la première manche, ce petit gabarit (1,65 m) très exigeant avec lui-même a frappé un grand coup pour se classer deuxième. Peu démonstratif d’habitude, il a levé les bras à l’atterrissage en signe de satisfaction. Le suspense a duré jusqu’au bout dans une fin de concours de haut vol où Nikaido et le jeune Tomasiak ont touché l’or du doigt.
Mais le second envol de Foubert n’était lui pas aussi éclatant. «Je me suis quand même bien amusé au deuxième saut. Mais c’est le deuxième saut, c’est toujours un peu compliqué…», a souligné le Français.
«À la table (avant l’envol), il a un petit peu lâché, c’est là que c’était compliqué (…) Par contre en l’air c’était une machine parce qu’il pouvait rater bien plus que cela avec le départ qu’il avait fait », a estimé son entraîneur Nicolas Dessum. Foubert aura dès mardi une nouvelle occasion de briller avec le concours par équipes mixtes.