RÉCIT – Depuis le massacre des 8 et 9 janvier, il faut payer pour récupérer les dépouilles de manifestants ou obtenir la libération des prisonniers.
« C’est comme s’ils avaient tué mon ami une deuxième fois. » Sara (pseudonyme), une designer iranienne exilée en Turquie, nous appelle d’Istanbul, sidérée : informée tardivement de la mort d’un copain d’enfance, tombé à Téhéran d’une balle dans la nuque alors qu’il était sorti manifester la nuit du 8 janvier, elle vient d’apprendre le « sinistre marchandage » dont sa mort a fait l’objet. « Après avoir fait le tour des hôpitaux, ses parents ont retrouvé son corps à la morgue. Pour pouvoir récupérer sa dépouille, un fonctionnaire leur a imposé un choix : payer le “hagh-é tir”, le “prix de la balle” qui l’a tué, ou bien déclarer qu’il était un milicien du régime, assassiné par les “terroristes” pilotés par Israël et l’Amérique. Dans le désespoir, ils ont fini par payer. » Ce pacte sordide, digne d’un macabre thriller, est tristement familier pour les proches de milliers de victimes du massacre sans précédent de début janvier, contraints de payer des montants allant…
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