Publié le
10 févr. 2026 à 8h30
Ils ont dormi sous des tentes, dehors, dans le quartier Bois-Blancs à Lille (Nord). Les mineurs étrangers isolés en attente de reconnaissance de leur minorité ou en recours n’ont pas toujours de solution d’hébergement. Ils ont manifesté leur désarroi récemment devant la mairie de Lille. Cet hiver, ils ont quand même bénéficié de plusieurs semaines d’hébergement dans des gymnases de la métropole lilloise, dans le cadre du plan grand froid.
Vu la hausse des températures, celui-ci est levé, mais la préfecture du Nord a accepté « pour raisons humanitaires » de poursuivre la prise en charge pour une quarantaine d’entre eux. Pour combien de temps ? Ils seraient plus de 200 actuellement à Lille selon l’association Utopia 56.

Les mineurs étrangers isolés ont manifesté à Lille pour réclamer des places d’hébergement. ©Louise BIHAN/Utopia 56« Raisons humanitaires »
Mercredi 4 février 2026, Bertrand Gaume, préfet de la région Hauts-de-France et préfet du Nord, a acté la levée du plan « grand froid », mis en œuvre dans le département du Nord depuis le 24 décembre 2025, en raison de l’évolution des températures.
« Tenant compte de la situation de vulnérabilité de jeunes migrants ayant été évalués majeurs par le Département et qui avaient été mis à l’abri, les services de l’État, du Département du Nord et de la Ville de Lille ont décidé, pour des raisons humanitaires, d’assurer la continuité de leur prise en charge à la suite de la fin du plan grand froid » a-t-il annoncé ce 4 février 2026.
42 jeunes toujours pris en charge
Ainsi, 14 jeunes sont pris en charge par le Département du Nord ; 14 jeunes sont pris en charge par la Ville de Lille ; 14 autres par les services de l’État.
Les 14 jeunes pris en charge par la préfecture ont été accueillis à Villeneuve-d’Ascq dans un lieu géré par la Croix Rouge, avec repas et accompagnement compris. Les 14 pris en charge par la Ville de Lille sont dans un hôtel à Tourcoing. Les 14 accompagnés par le Département sont dans un hôtel à Ronchin.
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De leurs côtés, les associations ne cessent de dénoncer « la politique du thermomètre », qui fait ouvrir et fermer des places d’hébergement du jour au lendemain en plein hiver.
Des solutions temporaires
Là, il y a une avancée, mais qui ne concerne qu’un certain nombre de jeunes dans la même situation. « On salue ce geste évidemment » annonce Laura Buschmann, coordinatrice d’Utopia 56. Mais elle voit plus loin : « Les 28 jeunes hébergés dans des hôtels n’ont pas de repas compris, et leur séjour est prévu pour seulement une semaine pour l’instant… »
Elle rappelle que la plupart du temps, les propositions d’hébergement temporaire de la préfecture sont connues à la dernière minute, ce qui est très stressant pour les jeunes. « Ils ont manifesté vendredi 30 janvier 2026 devant la mairie de Lille pour défendre leurs droits. »
Un nouveau camp ?
Ce qui l’inquiète, c’est que des mineurs isolés arrivent tous les jours à Lille. « Des citoyens hébergent des jeunes provisoirement, une soixantaine bénéficie de cette mobilisation. Mais ce n’est pas encore assez, je crains qu’un nouveau camp apparaisse, comme ce fut le cas à Bois-Blancs il y a quelques semaines… »
Pour rappel, 30 autres jeunes sont aussi pris en charge par des paroisses catholiques de la métropole lilloise, dans 6 lieux, de novembre à avril, uniquement la nuit.
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