Tout commence à Bourg-la-Reine pour Julien Clerc. Bien avant les
salles combles et les sessions en studio, il y a cette maison en
meulière des Hauts-de-Seine, entourée de son jardin, tranquille et
presque ordinaire. C’est dans ce décor que se posent les premiers
repères, entre une éducation structurée et des parenthèses plus
libres. Le décor précis où grandit, pas à pas, un futur
chanteur.

Grandir à Bourg-la-Reine, les souvenirs fondateurs de Julien
Clerc

L’enfant évolue dans un cadre stable, presque classique, tout en
ressentant très tôt une forme de décalage. «
La semaine, je vivais à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), avec
un demi-frère et deux demi-sœurs, dans une maison en meulière avec
jardin », partage-t-il dans les colonnes du Monde. La
phrase dit la précision du
souvenir de Julien Clerc
. Dans cette organisation réglée, la
musique tient sa place, portée par une belle-mère
mélomane qui veille aux gammes et à la tenue.

À l’opposé, les fins de semaine ouvrent une parenthèse
plus libre
, presque insouciante. « Le week-end,
j’étais chez ma mère dans le 14e
arrondissement de Paris
. Elle était plus « variétés’. Avec elle,
je faisais tout ce que je voulais. Regarder sept fois Le Pont de la
rivière Kwaï, manger des pâtes à tous les repas… C’était une
soupape par rapport à la famille nombreuse
Télérama
. » Deux foyers, deux ambiances, et la
sensation d’appartenir entièrement à chacun sans se confondre avec
aucun.

Des années décisives où Julien Clerc trouve sa voie

Cette vie partagée entre deux familles devient
peu à peu sa normalité. « J’avais deux univers. Gaulliste d’un
côté, communiste de l’autre. » L’enfant regarde, écoute,
s’adapte. Chaque semaine, le même rituel, quitter l’un pour
rejoindre l’autre, puis revenir. Sa mère le raccompagne
devant la grille du jardin
sans entrer. Tout semble simple en
surface, mais il apprend très tôt à composer avec ce qui ne
se dit pas
.

En grandissant, la maison de Bourg-la-Reine ne représente plus
seulement le cadre de l’enfance, elle devient le point de départ de
rencontres décisives. « Je ne serais pas
arrivé là sans Bourg-la-Reine ! » Sur le chemin du lycée
Lakanal, l’amitié avec Maurice Vallet prend une place essentielle.
Les deux garçons parlent pendant des heures, rient, inventent des
émissions de radio,
prennent des cours de théâtre
. Au fil de ces moments ordinaires
s’installe, presque naturellement, le désir de
scène
.

Des premiers accords à Bourg-la-Reine
au destin de Julien Clerc

À l’intérieur, le piano attend. « Ma belle-mère, elle, m’a
mis au piano à 6 ans », partage-t-il. L’élève rechigne, puis
revient à l’instrument, mû par quelque chose de plus fort que la
contrainte. Au fond du jardin, des répétitions bricolées
prolongent l’élan
. Il écoute, tâtonne, comprend qu’il
peut, lui aussi, produire des mélodies. Dans ce
coin tranquille des Hauts-de-Seine
, la vocation
s’installe
.

Les décennies passent, les adresses changent, les priorités
aussi. Pour protéger les siens, il s’éloigne, traverse la
Manche
, réorganise sa vie autour d’un autre équilibre. «
J’ai tout vendu. Il me reste un bateau que je
pense revendre. Il n’y a que mon piano qui nous suit »,
indique-t-il à Télé Star. Mais dans cette trajectoire, la
meulière de Bourg-la-Reine demeure le point de départ, le lieu
exact où
se sont noués la musiqu
e et la famille.