L’agence soutient que les garanties actuelles de l’UE sont insuffisantes pour faire face à la pression concurrentielle croissante de l’industrie chinoise.
La proposition susmentionnée a été exposée dans un rapport publié le 9 février, mettant en garde contre la « menace systémique » que représente la stratégie industrielle de la Chine pour la compétitivité de l’UE.
Le rapport cite les avertissements de grands groupes industriels européens, dont une entreprise aérospatiale majeure, selon lesquels le rythme de rattrapage technologique de la Chine suit une trajectoire similaire à celle de l’industrie automobile. Une autre entreprise nucléaire a déclaré que ses concurrents chinois peuvent réaliser des projets quatre fois plus vite et à un coût quatre fois supérieur, tout en maintenant des normes de qualité et de sécurité au travail comparables.
Selon le rapport, la Chine ne se contente plus de concurrencer l’Europe dans les industries traditionnelles à forte intensité de main-d’œuvre telles que le textile ou les biens de consommation à bas prix, mais a connu une forte progression dans les secteurs de haute technologie et à forte valeur ajoutée tels que l’intelligence artificielle (IA), la conversion d’énergie et l’industrie de la défense.
Thomas Grjebine, économiste au Centre français d’études internationales et d’information, a déclaré que la plupart des industries ont constaté que la Chine a rattrapé, voire dépassé, la Chine sur le plan technologique, même dans des domaines auparavant dominés par l’Europe tels que la chimie, les machines-outils, la robotique et l’énergie nucléaire.
Le rapport souligne que toutes les économies européennes sont touchées, tant à l’exportation que sur le marché intérieur, l’Allemagne étant considérée comme la plus vulnérable face à la concurrence chinoise. Environ un tiers des exportations allemandes et près des deux tiers de sa production nationale seraient directement menacés. On estime que jusqu’à 55 % de la production manufacturière de l’UE subit actuellement une pression concurrentielle difficilement soutenable à moyen terme.
L’écart de coûts de production entre la Chine et l’Europe se situe actuellement en moyenne entre 30 % et 40 %, et dépasse même 60 % dans certains segments. Le rapport indique que, dans ce contexte, l’amélioration de la qualité, l’augmentation de la productivité ou l’ajustement de l’organisation de la production ne suffisent pas à compenser ces écarts de coûts considérables.
L’évaluation des mesures actuelles de l’UE, telles que les droits antidumping sur les voitures électriques et les batteries, ou les quotas d’importation sur l’acier et l’aluminium, conclut qu’il ne s’agit que d’un début et que ces mesures sont fragmentées, se concentrant sur des secteurs spécifiques. Même la politique de « première Europe » a une efficacité limitée en raison de son manque d’envergure face à ce qui est considéré comme un défi systémique.
Partant de ce constat, le Haut-Commissariat à la stratégie et à la planification a proposé deux options pour « changer d’approche ». La première option consiste à instaurer un droit de douane commun de 30 % sur les produits chinois, ce qui obligerait l’UE à revoir sa position sur le libre-échange, longtemps liée à une interprétation stricte du droit commercial international.
La seconde option est de nature monétaire et propose de dévaluer l’euro de 20 % à 30 % par rapport au yuan afin de rétablir la compétitivité-prix de l’industrie européenne, même si les auteurs eux-mêmes reconnaissent qu’il s’agit d’une solution complexe et qu’il est difficile de parvenir à un consensus entre les banques centrales et les États membres de l’UE.
Source : https://vtv.vn/phap-de-xuat-eu-ap-thue-quan-30-doi-voi-hang-hoa-trung-quoc-100260210161127965.htm