Aurore Katramiz, adjointe au maire de Réhon (Meurthe-et-Moselle) et candidate aux municipales, a porté plainte dimanche pour injure publique et incitation à la haine. L’élue dénonce un flot d’insultes décomplexées sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une photo d’elle voilée. Le maire Jean-Pierre Weber a réaffirmé son soutien total.

Une candidate figurant sur une liste aux élections municipales dans une commune de Meurthe-et-Moselle a déclaré lundi 9 février à l’AFP avoir porté plainte après qu’une photo d’elle voilée a déclenché un flot d’injures sur les réseaux sociaux.

Conseillère municipale depuis 2020 et adjointe au maire chargée du lien social et intergénérationnel à Réhon, une commune d’environ 4 000 habitants, Aurore Katramiz figure de nouveau sur la liste (sans étiquette) du maire Jean-Pierre Weber.

Sa photo ainsi que celle d’un colistier ont été récemment présentées sur les réseaux sociaux, déclenchant des commentaires haineux, comme l’a rapporté Ici Lorraine.

« J’avais déjà été critiquée à l’époque (en 2020, ndlr), mais pas à ce point-là, pas avec autant de violence », a-t-elle déclaré à l’AFP, précisant avoir été la cible de commentaires faisant référence à l’attentat du Bataclan en novembre 2015 et aux Frères musulmans.

« C’est complètement décomplexé »

« C’est explicite, c’est complètement décomplexé, les gens déversent leur haine sans connaître la personne », a-t-elle témoigné, expliquant que ça lui « fait mal » d’être qualifiée « d’antirépublicaine ».

« On ne peut pas dire que je suis antirépublicaine, autrement je ne serais pas là, présente, à m’investir pour ma commune », a balayé l’élue de 39 ans, qui explique qu’elle porte le voile parce qu’elle est « de confession musulmane » mais qu’elle n’est « pas là pour faire du prosélytisme ».

« Ce n’est pas ça qui m’arrêtera »

Les insultes, « ce n’est pas ça qui m’arrêtera », assure-t-elle, ajoutant avoir reçu des marques de soutien de nombreux habitants.

« Elle a tout mon soutien et je ne cautionnerai jamais de tels agissements », a déclaré à l’AFP le maire de Réhon, Jean-Pierre Weber, louant ses compétences et son implication dans le tissu associatif.

Aurore Katramiz a indiqué avoir porté plainte dimanche pour incitation à la haine et injure publique.